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Biographie

Il faut le préserver, Zach Condon, ce type au visage angélique qui illustre à la perfection l'adage voulant que les voyages forment la jeunesse. Car c'est lors d'une virée de quelques mois dans la vieille Europe, en compagnie de son frère, que ce natif d'Albuqerque grandi à Santa Fé découvre un nouvel univers musical aussi dépaysant que son périple : folklore des balkans, chansons française nourrissent bientôt l'imaginaire de ce musicien précoce, qui compose depuis l'âge de quinze ans. De retour sur ses terres, Zach transforme ses découvertes en improbables chansons, sur lesquelles se télescopent accordéons , ukulélé, glockenspiels, mandoline ou trompettes, qui donnent naissance à un premier album enthousiasmant, Gulag Orkestar (2006). Accompagné d'une formation fluctuante (certains de ses  musiciens ont leur propre projet, comme Alaska In Winter ou A Hawk And A Hacksaw), le jeune homme transforme sur scène ce premier essai discographique et fait de Beirut un projet culte, dont la réputation ne cesse de s'amplifier. Deux ans après ce coup de maître, il revient avec un deuxième Lp (en partie enregistré au Québec, dans l'église-studio d'Arcade Fire, sous la houlette d'Owen Pallett), toujours aussi exotique pour ses compariotes puisqu'il rend hommage à cette susmentionnée chanson française, en présentant Dominique A à Jacques Brel (dont il a repris Le Moribond), Yann Tiersen à Charles Aznavour. C'est effectivement ce genre de fantasmes qu'a réussi à matérialiser The Flying Cub Cup (2008), disque impérial confirmant tout le talent de ce touche-à-tout à l'imagination débordante.