Si la perte d’entrain scénique de Beck continue de forcer l’inquiétude,
son dixième album vaut tous les check-up soniques de la terre. Car le blond
diaphane, dont la silhouette malingre se tient désormais presque systématiquement
à l’ombre d’un couvre-chef noir – effet J.T. LeRoy garanti –, rayonne par sa
forme discographique. En guise de premiers symptômes, Chemtrails, morceau de bravoure mené tambour battant par un Joey
Waronker plus “reitzellien” que jamais, et balancé à la manière d’un teaser sur
MySpace quelque temps avant la sortie du disque, laissait déjà le souffle
court. On y croisait le spectre de vierges suicidées s’adonnant dans l’au-delà
au péché originel en compagnie d’Alan Parsons. Le paradis, quoi. Sauf que l’on
avait encore aucune idée de son étendue.
Car dans des registres pourtant radicalement différents, le reste de Modern Guilt est à l’avenant. Si l’on parle souvent de la capacité de Beck à se réinventer, le sang neuf arrive ici par transfusion. Dangermouse, producteur costaud (sic) croisé au chevet de Mark Linkous ou Gorillaz, a été chargé de soigner la forme en lieu et place des habituels Dust Brothers et Nigel Godrich, autrefois collaborateurs privilégiés du Californien. Dès Orphans, morceau introductif où Chan Marshall fournit des chœurs tout en vapeurs d'éther (tendez bien l'oreille, elle apparaît aussi un peu plus loin sur Walls), la moitié de Gnarls Barkley apporte une attention toute particulière aux pulsations. Réguliers ici, haletants là, les beats constituent l'organe principal du disque, et fournissent par leur diversité un contrepoint idéal à la léthargie vocale du chanteur. Tous deux capables des plus impressionnantes pirouettes stylistiques, le songwriter et le producteur parviennent sans surprise à sublimer les genres, du surf sixties de Gamma Ray au R&B le plus actuel de Youthless (avec claviers vintage façon Grandmaster Flash). S'ils se vautrent dans la facilité d'un Replica qui porte bien son nom tant il rappelle Radiohead période Kid A (2000), sur l'enlevé Profanity Prayers, l'envoûtant Volcano et le précieux Walls (érigé autour d'un sample d'Amour, Vacances Et Baroque de Paul Piot et Paul Guiot), les deux forment une paire aussi fusionnelle qu'idéale. Que trouver à redire enfin sur l'éponyme Modern Guilt, uniquement coupable d'allier l'efficacité du Feel Good Inc. de Gorillaz à la féminité du My Moon My Man de Feist ? Pas grand-chose. Beck is back, et ceux qui le voyaient déjà un pied dans la tombe peuvent aller creuser ailleurs
Car dans des registres pourtant radicalement différents, le reste de Modern Guilt est à l’avenant. Si l’on parle souvent de la capacité de Beck à se réinventer, le sang neuf arrive ici par transfusion. Dangermouse, producteur costaud (sic) croisé au chevet de Mark Linkous ou Gorillaz, a été chargé de soigner la forme en lieu et place des habituels Dust Brothers et Nigel Godrich, autrefois collaborateurs privilégiés du Californien. Dès Orphans, morceau introductif où Chan Marshall fournit des chœurs tout en vapeurs d'éther (tendez bien l'oreille, elle apparaît aussi un peu plus loin sur Walls), la moitié de Gnarls Barkley apporte une attention toute particulière aux pulsations. Réguliers ici, haletants là, les beats constituent l'organe principal du disque, et fournissent par leur diversité un contrepoint idéal à la léthargie vocale du chanteur. Tous deux capables des plus impressionnantes pirouettes stylistiques, le songwriter et le producteur parviennent sans surprise à sublimer les genres, du surf sixties de Gamma Ray au R&B le plus actuel de Youthless (avec claviers vintage façon Grandmaster Flash). S'ils se vautrent dans la facilité d'un Replica qui porte bien son nom tant il rappelle Radiohead période Kid A (2000), sur l'enlevé Profanity Prayers, l'envoûtant Volcano et le précieux Walls (érigé autour d'un sample d'Amour, Vacances Et Baroque de Paul Piot et Paul Guiot), les deux forment une paire aussi fusionnelle qu'idéale. Que trouver à redire enfin sur l'éponyme Modern Guilt, uniquement coupable d'allier l'efficacité du Feel Good Inc. de Gorillaz à la féminité du My Moon My Man de Feist ? Pas grand-chose. Beck is back, et ceux qui le voyaient déjà un pied dans la tombe peuvent aller creuser ailleurs