Paru seulement trois ans après leur dernier effort (ce qui relève de l’exploit), le
trio de Brooklyn reprend les instruments et revient
sur un concept musical qui lui est vieux de
dix ans, période vers laquelle sortait The
In Sound From Way Out (1996), compilation d’instrumentaux provenant des
mythiques albums Check Your Head
(1992) et Ill Communication (1994).
On est donc loin du flow qui caractérisait les New-Yorkais, qui sont ici tous
relégués à un instrument : Mike D, MCA et King Ad-Rock se sont mis
respectivement à la batterie, à la guitare et la basse. Problème : certes
cohérent, ce septième opus n’en est pas moins fade, et définit même ce que peut
être un suicide commercial pour un groupe qui n’a plus rien à prouver en
matière d’éclectisme musical. Tous les styles des
seventies (une décennie dont le groupe est fan) y passent : jazz funk (le
coolissime Freaky Hijiky), pseudo dub
(14th St. Break) ou encore rock cosmique (Off
The Grid). Malheureusement, on est rapidement pris de somnolence autour de
ces ritournelles où se côtoient les claviers d’Herbie Hancock période Head Hunters (1973), les bandes
originales de Lalo Schifrin et même Santana. Entourés
du percussionniste Alfredo Ortiz et du fidèle
claviériste Money Mark, les Beastie Boys livrent finalement une sorte de jam
session sous Prozac. On préféra se replonger dans le colossal Hello Nasty (1998), qui avait su trouver
l’équilibre parfait entre l’instrumentalité inventive et l’énergie hip hop.