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À l’époque du premier album, Fur And Gold (2007), de Natasha Khan, alias Bat For Lashes, on avait évoqué une Kate Bush égarée chez Piano Magic et souligné l’influence majeure de Siouxsie And The Banshees, toujours plus intéressante qu’une énième dauphine de Björk. Indulgent pour ces premiers pas, on l’attendait au tournant, fourbissant nos armes sans bienveillance particulière. Pourtant, dès que la ligne de basse de Glass se met en place comme un vieux souvenir de cold-wave sous paravent, notre garde est baissée, notre appréhension, envolée.

Et lorsque la petite boucle acoustique entêtante qui ouvre Sleep Alone convoque le souvenir de Pentangle, avant de s’évanouir dans les tréfonds des années 80, cet hybride folk/new-wave convainc largement. Certes, Natasha Khan sait encore agacer, notamment quand la demoiselle peinturlurée tente de chausser des bottes gospel aux talons encore trop grands pour elle (Peace Of Mind, n’est pas Jason Pierce qui veut). Puis lorsqu’elle commet, tout bonnement, de mauvais morceaux (Pearl’s Dream), où l’alchimie ancien/moderne ne fonctionne pas.

Mais lorsque Bat For Lashes conjugue la profondeur de ses influences (de Nico aux Banshees en passant par Portishead) avec ses propres aspirations (Travelling Woman et, dans une moindre mesure, Good Love), elle apparaît définitivement comme un pendant très britannique et souvent attachant à Cat Power, plus portée sur les antiques broderies et les fantômes que sur la soul de Memphis. L’apparition soudaine d’un Scott Walker revenu d’entre les morts sur The Big Sleep finit de valider les pistes de ce second Lp, pas toujours probantes mais souvent fascinantes.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #130


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