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Au-delà du décorum folkeux convenu (l’ineffable Devendra B. est remercié dans les crédits) à l’affiche sur ce premier album de Bat For Lashes, on a plaisir à retrouver à la production David Kosten, l’un des plus mésestimés arrangeurs de l’époque, qui, sous le pseudonyme de Faultline, a commis deux disques – Closer Colder (1999) et Your Love Means Everything (2002) – qui nous marquèrent profondément. On y croise aussi un autre revenant, l’ami barbu texan Josh Pearson, remis du split des bruyants Lift To Experience, pour enluminer Trophy et I Saw A Light de striures de guitares mémorables, faisant penser à une Björk produite par Kevin Shields.

Car les petits tics vocaux de Natasha Khan sont à la base aussi irritants que les pitreries de l’Islandaise. À tel point que Bat For Lashes pourrait illico rejoindre cette flopée de chanteuses à voix agaçantes. Il y a pourtant dans Fur And Gold beaucoup d’élégance et de tendresse, notamment dans une production à la fois pleine et rigoriste, se basant sur le dénuement des compositions pour les enrichir sans les alourdir. Ainsi, la chanson What’s A Girl To Do? fait figure d’exemple, partant d’un beat originel des Ronettes et acceptant la modernité sous la forme d’une rudimentaire boîte à rythmes, avant de revenir sur ses marques 60’s à l’aide d’un simple tambour.

Pour ne rien gâcher, le refrain évoque irrémédiablement le divin Arabian Knights de Siouxsie And The Banshees. On a donc voulu emmener ces chansons un peu plus loin que leur jolie démarche de hippie propre sur elle ne le méritait. Pas étonnant donc qu’on retrouve également Ben Christophers dans cette affaire qui évoque parfois une Kate Bush égarée chez Piano Magic. On finirait presque par adhérer à ce disque aussi horripilant que fascinant, se plaisant même à croire qu’on a dû croiser Natasha Khan dans une vie antérieure. Et que l’on a pu, à notre corps défendant, en tomber gravement amoureux.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #112


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