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Kish Kash
archive mag octobre 2003
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R'n'b, 2-step, breakbeat, drum'n'bass, techno, house, electro, hip hop : Basement Jaxx peut se targuer d'avoir longtemps été le seul fil rouge entre tous ces genres et sous-genres. Et a toujours excellé dans l'art du mélange bordélique, jouissance hystérique d'un beat gonflé et d'une voix rieuse, sans jamais avoir à choisir entre mélodie et rythme. À ce titre, Felix Buxton et Simon Ratcliffe ont plus que fait leur boulot et respect leur est dû pour ces Remedy et Rooty salutaires. Amen. Maintenant dans sa quête toujours accrue de sensations inédites, la paire est cette fois-ci allée trop loin, beaucoup trop loin pour les oreilles malgré tout sensibles qui sont les nôtres. Kish Kash serait l'équivalent du tour de trop dans une montagne russe conduite par un savant fou, l'aubaine pour les fans de death metal ou de hardcore, la nausée assurée pour les autres. Malgré tout, le savoir-faire des Anglais ne s'est pas évaporé dans la nature, même s'il emprunte ses traitements de samples de guitares sèches aux Neptunes. Mais pour un Right Here's The Spot, hédoniste, syncopé et sexy à souhait, ou un délicieusement (f)rigide Cish Cash, chanté par une Siouxsie transparente, on compte douze autres Supersonic à l'infini, dont la cacophonie et le capharnaüm ambiants sont finalement un moindre mal comparé à l'ennui suscité par le vide intersidéral qui y règne. Basement Jaxx, ce copain plein de bonne volonté mais un peu lourd qui ne comprend pas la différence entre inciter à la danse et hurler dans les oreilles que, "si, c'est du bon son, allez, bouge". L'équivalent d'un coach sportif, amusant deux secondes, usant les mille deux cent cinquantième d'après. Un peu le Bernard Laporte de la musique, quoi.
Estelle Chardac
article extrait de :
MAGIC RPM #75
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