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Dilate
archive mag avril 2001
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On ignore toujours pourquoi la réputation de Bardo Pond ne dépasse pas sa notoriété underground. Ce sixième album devrait pourtant remettre les pendules à l'heure. Pour le côté environnant de cette musique chancelante, on pourrait évoquer Low, mais un Low qui aurait remplacé les calmants et la religion par le sexe, le bruit et la morphine. Comme chez My Bloody Valentine surpris le pantalon sur les genoux, des couches et des couches de guitares brûlantes toujours plus lentes et denses, désespérées et droguées à mort. La voix d'Isobel Sollenberger frappe directement au bas-ventre, d'une sensualité à faire passer Kim Gordon, Jennifer Charles, Jennifer Herrema et Hope Sandoval pour un triste quarteron de saintes-nitouches prêtes à entrer dans les ordres. Faut-il avancer un hybride de type stoner folk ? Ce magma sonore d'une douceur totalement boueuse fait effectivement penser à la puissance de feu qui fit la splendeur de quelques groupes majeurs du siècle dernier (Blue Cheer, AshRaTempel première mouture, Spacemen 3 ou même Led Zeppelin). Autant dire que Bardo Pond est l'héritier cotonneux d'un psychédélisme noirâtre, perclus de douleurs mais assez proche des très hauts transports qu'on peut atteindre conventionnellement (en bonne compagnie) à l'horizontale. Il faut d'ailleurs un certain aplomb aux membres de Mogwai pour avoir oser inviter ce groupe à faire leur première partie en prévision de violents orgasmes soniques. Car peu de groupes à l'heure actuelle défigurent l'auditeur avec autant de grâce.
Étienne Greib
article extrait de :
MAGIC RPM #50
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