Bardo Pond

Vu par Magic

Amanita

archive mag juin 1996
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Il est facile d'invoquer dans cette chronique My Bloody Valentine, Flying Saucer Attack, Sonic Youth ou encore Magic Hour. Cependant, il émane de Bardo Pond une sensation différente. Alors que les modèles précités intègrent eux-mêmes dans leur musique un certain nombre de références (Velvet, Can/krautrock, la pop psychédélique) ainsi qu'une bonne dose d'effets de studio, Bardo Pond donne réellement l'impression d'un groupe à l'état sauvage, débarqué de nulle part, en pleine déliquescence. Amanita est à ce titre plus proche dans l'esprit de Pussy Galore ou Royal Trux, autres génies de la perte de contrôle sonique. Les guitares hurlent, se tordent, massacrent et dévient superbement tout embryon de "normalité" musicale, la batterie trébuche en un coup de pied furieux dans la poussière brûlante, la voix d'Isobel, à la fois aigre et fluide, s'étire dans cet enfer extraordinairement psychédélique, où l'essence du bruit rencontre l'esprit du rock et l'aide à se décomposer en une mélasse en fusion. Sublimement inécoutable.

Fabrice Desprez

article extrait de :
MAGIC RPM #8


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