Bardo Pond
Vu par Magic
Ticket Crystals
archive mag juillet 2006
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Sixième album et second à paraître sur ATP/Recordings extension du All Tomorrow's Parties Festival, tirant lui-même son nom de la meilleure chanson jamais écrite par un cerveau humain , Ticket Crystals marque une évolution certaine dans la carrière du quintet de Philadelphie Bardo Pond. Car s'il ne délaisse pas les drones en couches multiples qui caractérisent son style imposant depuis sa formation, le groupe des frères Gibbons (guitares) et de la belle Isobel Sollenberg (chant, flûte) s'autorise depuis peu quelques excursions pastorales. Une guitare acoustique fait ainsi son apparition dès l'introduction du bien nommé Destroying Angel, renforçant l'aspect chanson qui se propage sur ces huit nouvelles compositions, oscillant toutes entre sept et... dix-huit minutes. Sur Isle, c'est le souvenir d'un Neil Young en pleine santé artistique il y a un bail, donc que l'on emmène faire un tour sur la plage, juste avant l'ouragan : on sait désormais comment chantent les sirènes. Et si ce club des cinq affiche un goût prononcé pour une culture psychédélico-hippisante, il ne reste pas cool bien longtemps... Ne surtout pas se fier aux cloches tibétaines et autres bandes inversées de Lost World, la Gibson SG de Michael Gibbons (sic) distille plus que jamais du poison dans le mantra, alors que l'on révère sans grande originalité le fantôme de John Lennon, vingt-cinq ans après sa mort, le temps d'une reprise de Cry Baby Cry. FCII est en revanche taillé dans un tout autre bois, qui emmène les plus belles figures du krautrock d'Allemagne au pays du Dalaï Lama. Hypnotique. Montana Sacra II, en clôture, pose la bizarrerie comme mode de composition. Maintenu en tension par une phrase de guitare lancinante, ce mille-feuille sonique dépoussière les pédales fuzz du Velvet Underground période White Light/White Heat et donne à entendre le plus beau crescendo de l'année depuis le dernier Mogwai. Bref, Ticket Crystals est un nouveau chef-d'oeuvre luxuriant, le meilleur du groupe, la pierre angulaire d'un rock qui ne connaît ni la censure ni le manque d'inspiration, qu'il sillonne les déluges improvisés de Sonic Youth (Endurance) ou le lyrisme boisé du troisième album de Led Zeppelin au clair de Lune (Moonshine). Sidérant.
RENAUD PAULIK
article extrait de :
MAGIC RPM #102
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