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Ghosts From The Past
archive mag juin 2008
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Sur le marché des matières premières alimentaires comme dans le domaine musical, tout ce qui est rare est cher, il convient d’apprécier à son immense valeur le retour sur le devant de la scène du grand escogriffe islandais au talent bien plus délicat que son patronyme “siffredien” ne le laisse entendre. Après une année 2003 bien remplie (deux albums de Bang Gang et Lady & Bird ; une couverture de magic en prime), Bardi Johannsson s’était éclipsé quelque temps, préférant se consacrer au septième art (réalisation d’un court-métrage et d’une bande originale pour Haxan, un film de 1921). Cinq ans plus tard, on ignore s’il peut être considéré comme un concurrent potentiel de Martin Scorsese et autres Kusturica de ce monde. Les onze titres de Ghosts From The Past prouvent, en revanche, qu’en matière de composition, il ne possède toujours pas beaucoup de rivaux. Entre mélancolie éthérée (Don’t Feel Ashamed, toujours en duo avec sa Lady française préférée) et grandes envolées mélodiques (Black Parade), Bardi Johannsson affiche une maîtrise toujours aussi déconcertante de l’évidence pop et des arrangements contrastés. N’hésitant pas à flirter avec ses vieilles amours rock’n’roll, il se permet même, au passage, de truffer ce troisième Lp de quelques tubes radiophoniques potentiels (I Know, digne de s’aligner, pour l’Islande, à l’Eurovision en face du Divine de Sébastien Tellier) avant de ralentir le rythme pour mieux revenir, dans la deuxième partie du disque, à des crescendos climatiques à la dynamique imparable. Finalement, il demeure sans doute une irréductible différence entre la musique et les produits agricoles : si, à l’avenir, Johannsson se fait moins rare, il n’en deviendra pas pour autant moins précieux.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #121
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