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Un peu plus d’un an après un beau premier album (Everything All The Time, 2006), le barbu Benjamin Bridwell et ses deux acolytes poussent un peu plus loin leur art de la complainte déchirante et potentiellement emphatique. Trop loin ? On sent parfois sous les guitares fiévreuses une course à l’efficacité où Band Of Horses joue un peu les bourrins (la chanson à boire Cigarettes, Wedding Bands ou le single Is There A Ghost, à deux doigts de l’héroïsme pompier du U2 des mauvais jours). Une pente savonneuse sur laquelle le trio devrait éviter de s’aventurer, eu égard à sa déjà fort discutable passion pour la réverbération (Bridwell.semble chanter dans une cathédrale). Pour autant, Cease To Begin a ses grands moments, à la fois délicats et puissants, souvent très touchants. Débutée par quelques arpèges d’une guitare presque new-wave, No One’s Gonna Love You décolle vite sous les effets d’un harmonium et d’une mélodie somptueuse, portée par un chant déchirant. Piano en sourdine, claquements de mains et chœurs donnent du cachet à The General Specific quand des guitares en roue libre font de Islands On The Coast un potentiel tube. Une belle ballade folk, avec guitare slide et orgue, clôt avec style les hostilités, mais ne dissipe pas l’impression mitigée laissée par l’album. Band Of Horse semble déjà tourner en rond alors qu’on lui devine suffisamment de ressources pour s’aventurer au-delà de son pré carré. On rêve pour le trio d’une révolution stylistique à la façon des cousins de My Morning Jacket, qui, avec autant de réverbération, ont puissamment fait exploser les frontières de leur musique.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #115


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