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King Kong Groover

archive mag novembre 1998
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L'indien de Coventry reconnu comme l'OVNI anglais de1996 est de retour dans le giron pop. Avec King Kong Groover, Babylon Zoo alias Jas Mann le Spaceman, à vouloir chasser sur le terrain de prédilection de Bowie, sans doute (re)découvert en potassant son Bauhaus, se casse le nez. En effet, même si les compositions de King Kong Groover sont luxueuses, soignées et efficaces, elles ne sont en aucun cas novatrices ou aventureuses. En conservant un goût certain pour la science fiction et prétendant donner une dimension cinématographique à ses chansons, Babylon Zoo se persuade qu'étranger sur terre vaut créateur dans l'espace. En se fondant dans la norme et le classicisme, l'exleder des Sandkings se banalise, et un sentiment de lassitude et de "déjà vu/déjà entendu" s'installe pour l'auditeur. Pour gommer cet effet indésirable, Babylon Zoo en rajoute : un peu de gospel ici, quelques cordes par là. Mais l'efficacité se gagne dans la sobriété et la simplicité et à vouloir trop en faire on se perd. En revenant à des choses simples, Jas Mann s'est détaché du phénomène Spaceman et a réalisé sa propre thérapie. Au final, King Kong Groover se balade sans folie dans le melting pop de ces trente dernières années, revisitant de manière trop sage quelques compositions et mélodies éprouvées. Un beau témoignage de foi dans l'Angleterre à la veille du XXIème siècle qui n'arrive pas à déployer ses ailes pour s'envoler et éviter la médiocrité.

Loïc Bérenguier

magazine num 24 article extrait de :
MAGIC RPM #24


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