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Ce Baby Bird est quand même un drôle de type. Nul ne l'obligeait à sortir ce disque Dying Happy, tout au plus une parenthèse décevante pour lepublic de Ugly Beautiful, album bien portant et efficace rempli de tubes pop, mais pour d'autres (les fans ?), il vaut surtout en tant que cinquième chapitrede l'homme Steve Jones au pays des aventures lo-fi, faisant suite aux bricolages de I Was Born A man, Bad Shave, Fatherhood et The Happiest ManAlive. D'ailleurs, comment pourrait-il y avoir confusion, même si Baby Bird prévient lui-même au dos du disque : "Ceci ne doit pas se confondre avec letravail de Baby Bird, le groupe". Dying Happy est de fait difficile d'accès : sans refrain ni mélodies accessibles, quasiment ambient d'un bout à l'autre,fourmillant d'effets sonores, de voix trafiquées et de collages abstraits, l'oeuvre de Baby Bird en solo renvoie directement aux travaux de Brian Eno ouJon Hassel sans passer par la case britpop. Ce solitaire confiait qu'il avait longtemps travaillé avec une troupe de théâtre de Sheffield pour laquelle il avaitproduit de nombreuses musiques d'ambiances. C'est de ce réservoir d'idées que proviennent sans doute les climats de When Everyone SpeaksEnglish..., The Unemployable Rub... ou Cheap Astronauts. Tutoyant le succès d'un côté et se laissant aller à sa vraie nature de l'autre, le phénomèneBaby Bird n'en finit pas de créer la surprise.
Hervé Crespy
MAGIC RPM  #15
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