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The Humbucking Coil

archive mag février 2006
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L'Autrichien B.Fleischmann est peut-être l'un des derniers promoteurs du son viennois à proposer une musique qui ne soit pas entièrement rongée par cette aphasie qui phagocyte les récentes publications de ses compatriotes. Il est vrai qu'à ses débuts, son électronique était plus encline à marcher sur des terres germaniques et rigoristes (pour son album Pop Loops For Breakfast (1999), ou avec son utilisation obsédante d'un sample du morceau Good Morning Captain de Slint lors de ses mixes). La spatialisation molletonnée et typiquement viennoise de sa production s'est avérée plus tardive (Welcome Tourist, paru il y a deux ans) et sensiblement moins rabâchée. Néanmoins, s'il gère de mieux en mieux ce territoire musical, celui-ci est de plus en plus réduit et, aujourd'hui, l'harmonie contemplative ne suffit plus. On peut donc écouter ce nouvel Lp comme une tentative ultime d'épuiser le genre, avant d'aborder une sérieuse remise en question. En cela, les limites de The Humbucking Coil sont assez intéressantes, et parfois similaires à celles du récent The Campfire Headphase, où Boards Of Canada tentait avec conviction et réussite de creuser encore un sillon pourtant maintes fois exploité par ses soins. Ici, c'est également un matériel vintage ou plus charnel qu'à l'accoutumée (vibraphone, piano, guitare) qui vient au secours d'une écriture de plus en plus mélodique. Dans ses moments les plus achevés, ce disque peut même évoquer le Popol Vuh rayonnant de Einsjäger, Siebenjäger (1974), et la voix de Bernhard Fleischmann se rapprocher de celle d'Ira Kaplan (Yo La Tengo). Des perspectives nouvelles et plutôt encourageantes.

JULIEN WELTER

magazine num 97 article extrait de :
MAGIC RPM #97


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