Alors qu’il représente pour beaucoup un
archétype de l’IDM, Autechre a toujours été un antidote à sa catégorisation. En
vingt ans d’activité passées à creuser sa propre voie, le duo mancunien s’est
d’abord affranchi de la médiatisation à outrance de ce courant électronique
(les années 1990), puis de la saturation qu’il a provoqué chez certains (le
début des années 2000), enfin de son élévation au rang de dogme musical
(aujourd’hui), la dernière étape avant la muséification. Cela ne relève pas du
génie pur. On dira plutôt que, sans tomber dans le piège le plus commun
(revendiquer pompeusement une démarche futuriste ou avant-gardiste), mais sans
jouer non plus les anti-intellectuels démagogues, Sean Booth et Rob Brown s’en
sont toujours tenus à l’imprévisibilité que pouvait revêtir l’exploration de la
musique électronique. Et ce, tout en travaillant rigoureusement une matière et
un son finalement distincts de celui de leurs pairs.
Ce son reste imperméable aux nouveaux gadgets technologiques, comme à la tentation de la nostalgie envers un âge d’or prétendu de la musique synthétique. Dixième Lp officiel, Oversteps va susciter les débats habituels. Alors, plus ou moins accessible et atmosphérique que le précédent, Quaristice(2008) ? Plus ou moins âpre et savant que Confield (2001) ? Plus ou moins froid et énigmatique que Amber (1994) ? C’est passionnant… Booth et Brown n’ont pas choisi de passer leurs meilleures années emmêlés dans des câbles pour devenir aussi assommants que les pires jazzophiles. Loin du concept affiché, ces incurables enthousiastes continuent dans leur coin, mais à l’adresse de qui veut, à reconfigurer beats arythmiques et schémas mélodiques susceptibles, en quelques minutes, d’opérer plusieurs volte-face et jamais de la même façon.
En quatorze séquences instrumentales, Oversteps n’impressionne donc pas seulement par son ampleur. Il agrippe aussi en raison de cette vivacité intacte chez Autechre. Derrière une apparente distance, l’envie chez le tandem est palpable de continuer à explorer sa propre palette et de réussir à en extirper de nouvelles et stimulantes idées. Entre fun et austérité, discipline et sens du jeu, Sean Booth et Rob Brown continuent la partie avec des jambes et un mental de jeune marathonien.
Ce son reste imperméable aux nouveaux gadgets technologiques, comme à la tentation de la nostalgie envers un âge d’or prétendu de la musique synthétique. Dixième Lp officiel, Oversteps va susciter les débats habituels. Alors, plus ou moins accessible et atmosphérique que le précédent, Quaristice(2008) ? Plus ou moins âpre et savant que Confield (2001) ? Plus ou moins froid et énigmatique que Amber (1994) ? C’est passionnant… Booth et Brown n’ont pas choisi de passer leurs meilleures années emmêlés dans des câbles pour devenir aussi assommants que les pires jazzophiles. Loin du concept affiché, ces incurables enthousiastes continuent dans leur coin, mais à l’adresse de qui veut, à reconfigurer beats arythmiques et schémas mélodiques susceptibles, en quelques minutes, d’opérer plusieurs volte-face et jamais de la même façon.
En quatorze séquences instrumentales, Oversteps n’impressionne donc pas seulement par son ampleur. Il agrippe aussi en raison de cette vivacité intacte chez Autechre. Derrière une apparente distance, l’envie chez le tandem est palpable de continuer à explorer sa propre palette et de réussir à en extirper de nouvelles et stimulantes idées. Entre fun et austérité, discipline et sens du jeu, Sean Booth et Rob Brown continuent la partie avec des jambes et un mental de jeune marathonien.
1 réaction réagir
Effectivement que dire...? Ce groupe est unique, leur musique inclassable, le son hors catégorie et les compos completement envoutantes !