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The Bird Of Music de Au Revoir Simone

chronique d'album
Suite des aventures du trio de Brooklyn, The Bird Of Music reprend la formule déjà déclinée à l'envi sur Verses Of Comfort, Assurance & Salvation (2005). Ayant d'emblée renoncé à emprunter au rock'n'roll burné ses traditionnels attributs guitaristiques et phalliques, Heather D'Angelo, Erika Foster et Annie Hart se limitent volontairement à l'usage exclusif de synthés Casio bas de gamme, de boîtes à rythmes antiques et de vocalises délicates. On pouvait craindre que ces ingrédients rudimentaires limitent assez vite les évolutions potentielles des demoiselles. Pourtant, loin de tourner court, cette recette simplissime révèle une fois encore des richesses insoupçonnées lorsqu'elle sert à confectionner des chansons d'une si haute tenue. C'est que, bien loin de se contenter du recyclage de quelques gimmicks élémentaires, Au Revoir Simone compose avec un talent aussi rare que discret une série de mélodies limpides et tenaces. Et discrédite par la même occasion toutes les comparaisons faciles qui s'appuieraient sur une ressemblance purement formelle avec de prétendus prédécesseurs (Stereolab ou Broadcast en tête), qui, bien que combinant également claviers et voix féminines, se montraient bien moins doués à l'heure de composer une chanson digne de ce nom. Entre l'inaugural The Lucky One, porté par une chorale entraînante, petite cousine de The Polyphonic Spree, et le somptueux Dark Halls, bien meilleur encore qu'un inédit de Blondie, Au Revoir Simone alterne les climats avec un sens de la nuance absolument épatant. Avec un tel talent, ce trio-là n'aura même pas besoin de relancer la mode des robes à petits pois pour faire parler de lui en 2007. Matthieu Grunfeld
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #107


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