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Still Night, Still Light de Au Revoir Simone

chronique d'album
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Simone est accueillante, c'est un fait reconnu. À la fin de notre dernière visite, les séparations furent  émouvantes et laissèrent irrémédiablement place à une douce nostalgie si chère à Heather d’Angelo, Erika Foster et Annie Hart. C'est donc le cœur plein d'attentes et mus par une joie enfantine que nous pénétrons à nouveau dans ses nouveaux appartements. Et la surprise est de taille ! Après nous avoir gâtés de délicieuses sucreries sur The Bird Of Music (2007), le trio de Brooklyn a décidé de flatter nos esprits enchantés en nous contant une poésie plus sombre. Certes, les claviers sont toujours vintage, les chœurs harmonieux et la magie opère encore par la douceur des sens.

Mais un accord étrange par-ci, une rythmique froide et implacable par-là nous montrent que les jolies filles d’Au Revoir Simone ne sont définitivement pas des illusionnistes de la profondeur : elles savent donner un sens à leurs claviers. Les trois grâces qui ne laissent rien au hasard (des interviews aux photos, en passant par la pochette de leurs disques) affichent désormais des visages exsangues dont la pâleur tranche avec le rouge de leurs lèvres, une couverture pâle où un paysage tourmenté est sublimé par la lumière lunaire. Les premières secondes de Still Night, Still Light surprennent aussitôt ; et on se demande si, par mégarde, on ne s'est par trompé de porte. Ne sommes-nous pas entrés dans le Pornography (1982) de The Cure ou dans la néo cold-wave de Martial Canterel ? Non, la voix cotonneuse rassure de suite… Mais les poupées sont devenues des marionnettes prisonnières d'une mystérieuse boîte à musiques amères, ont fait fi de toute légèreté ; et c'est à la fois confortable, angoissant et merveilleux.

Agités par le même mécanisme, les magnifiques Shadows et Knight Of Wands, son irrésistible clavier aux effets d'orgue et son déchirant Oh Joy, I can see you nous emmènent avec aisance là où les derniers Blonde Redhead ou Electrelane souhaitaient vainement aller. Ceux qui reprochaient encore une prétendue mollesse, une trop grande douceur et des minauderies aux précédents disques comprendront enfin qu'il s'agissait là d'une posture artistique tout à fait maîtrisée (ressemblant étrangement à celle de Slumber Party à ses débuts) plus que d'une pose de fashion victims. Comme l'immense fan David Lynch sait se servir des clichés et de l'apparence de la mièvrerie pour distiller le mystère et l'inquiétude, Au Revoir Simone se joue de son image angélique. Pour preuve, la discrète et blasée Only You Can Make You Happy aux chœurs haletants. Sur cette route neurasthénique, quelques jolies ballades aux accents de Múm (All Or Nothing ou Take Me As I Am) viennent toutefois réconforter l'auditeur. L'audacieuse production signée Thom Monahan (Vetiver, Little Joy) donne une tournure fantastique aux confidences que nous livrent les demoiselles. Nous ne sommes pas pressés de dire Au Revoir Simone.
Xavier Mazure
MAGIC RPM  #130
article extrait de :
MAGIC RPM #130 Commander ce numéro
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mic - 02/11/2009 15:06
je suis carrément tombé amoureux de ces 3 nanas , l'album est entierement bien , je l'écoute en boucle.
A découvrir absolument !