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Twilight Of The Innocents de Ash

chronique d'album
Depuis leurs débuts adolescents, les Irlandais de Ash ont toujours été considérés avant tout comme un groupe capable d’exceller sur les exercices de courte durée, parfois champions des sprints sur single, mais perdant vite leur souffle et leur superbe à l’heure de se coltiner aux exigences des courses de fond sur la distance d’un Lp. Pourtant, à l’heure où le trio semble lui-même accréditer cette réputation en annonçant qu’il renonce définitivement au format de l’album et qu’il ne publiera plus, désormais, que des chansons isolées, Twilight Of The Innocents vient nuancer, après l’excellent et ultramétallique Meltdown (2004), cette vision trop sommaire.

Sans montrer le moindre signe de fatigue, Wheeler et sa bande démarrent pied au plancher (l’incendiaire I Started A Fire), accélèrent à mi-course (Ritual) et terminent en trombe (Shattered Glass). C’est bien simple : ce parcours ébouriffant n’est quasiment émaillé que de tubes aussi simplistes qu’euphorisants. De temps à autre, entre deux brûlots power pop digne de Cheap Trick ou des Buzzcocks, Ash s’amuse même à varier les rythmes en se lançant dans une ballade plombée à souhait (End Of The World) avant de se montrer tout aussi à l’aise dans un exercice de style en forme d’hommage aux Smiths (Dark And Stormy).

Les compositions robustes et efficaces de Wheeler s’enrichissent toujours d’innombrables finesses mélodiques et d’harmonie vocales romantiques parfaitement travaillées, et ce malgré le départ du seul élément féminin de la bande, Charlotte Hatherley. Aux Innocents les mains pleines.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #114


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