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Bang Bang Rock'N'Roll de Art Brut

chronique d'album
"Nous entendons par Art Brut des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique (...), de sorte qu'[elles] y tirent tout de leur propre fond et non pas des poncifs de l'art classique ou de l'art à la mode". En donnant sa définition de l'Art Brut, Jean Dubuffet ne devait guère se douter que le terme s'appliquerait si bien, un demi-siècle plus tard, à une bande de Londoniens siphonnés. Car si le leader d'Art Brut, Eddie Argos, n'est pas totalement dénué de références - il cite Jonathan Richman au rang de ses mentors -, il n'a mis au service de ce premier essai rien que ses obsessions les plus personnelles, soit le sexe, l'art, le rock'n'roll et la baston. Lesquelles hantent des paroles moitié autobiographiques ("My little brother just discovered rock'n'roll" sur My Little Brother), moitié fantasmées ("Got myself a brand new girlfriend/ I've seen her naked twice!" sur Good Weekend), et toujours hilarantes ("Modern art makes me want to rock out (Wooh!)" sur Modern Art). Tout comme sur le tube incontesté de l'année 2004, Formed A Band, qui ouvre idéalement cet album fait dans le même moule (pour ceux qui auraient loupé une étape : tous riffs dehors, caisse claire architendue, moins de trois minutes de préférence), Argos déclame sa poésie trash plus qu'il ne la chante, transformant ainsi en slogan n'importe quelle ineptie, mais si possible la moins politiquement correcte ("I can't stand the sound of the Velvet Underground" sur Bang Bang Rock & Roll). Art Brut veut faire grincer les dents aussi fort que les guitares ? Mettre un peu de poil à gratter par-dessus les grattes ? Ça tombe bien, ça nous démangeait.
FAUSTINE KOPIEJWSKI
MAGIC RPM  #92
article extrait de :
MAGIC RPM #92 Commander ce numéro


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