C’est un luxe
parfois inespéré du musicien sourcilleux que de prétendre avoir un style
identifiable entre mille. Pourtant, pour une même sonate de Beethoven, on
reconnaîtra le toucher de Glenn Gould à celui de Vladimir Horowitz. Dans un
autre univers classique, celui de la scène pop anglaise, Art Brut peut se
vanter de tendre à cette singularité. Avec le (non) chant du déluré Eddie
Argos, la rythmique punk, les guitares hurlantes et des paroles railleuses, les
cinq impertinents ont des armes bien ornées avec lesquelles ils cachettent
chacun de leur disque, de l’inaugural Bang
Bang Rock & Roll (2005) au nouveau
Art Brut Vs Satan. Ce troisième Lp
marque un retour à la simplicité et à l’authenticité, moulé sur le grisant 45
tours Formed A Band qui avait révélé
le quintette en 2004.
Dès les premiers morceaux, on retrouve l’énergie des brutes anglaises, avec des riffs accrocheurs et des slogans scandés qui décoifferaient le chignon le mieux laqué. Une spontanéité qui court d’un bout à l’autre de l’album, c’est peut-être là que réside la touche du producteur Frank Black et de sa méthode-en-douze-jours. Passé ce premier élan, et l’hilarant The Passenger (reprendre un titre fameux est désormais tradition), l’efficacité enjouée laisse place à une monotonie ambiante. Les parties vocales pourraient être interverties d’une chanson à l’autre qu’on ne les remarquerait pas. La structure, toujours la même (entrée progressive des instruments, chœurs pop et guitares rock), confère à l’ensemble un caractère prévisible qui laisse notre ouïe s’égarer.
À trop vouloir se rapprocher de son premier tube, le groupe en a oublié l’audace qui le définissait. Car bien qu’il ne soit pas là pour changer le monde, comme Eddie Argos le chante lui-même ironiquement sur Demons Out ! (“If we can’t change the world/Let’s at least get the charts right !”), Art Brut n’a pas fait évoluer sa sphère artistique non plus. Il faut attendre l’ultime morceau, Mysterious Bruises, pour que notre écoute devienne enfin plus attentive aux subtilités musicales, avec l’inspiration funk, le groove de la basse et les notes de piano finales. Sept minutes savoureuses pour clôturer un combat satanique.
Dès les premiers morceaux, on retrouve l’énergie des brutes anglaises, avec des riffs accrocheurs et des slogans scandés qui décoifferaient le chignon le mieux laqué. Une spontanéité qui court d’un bout à l’autre de l’album, c’est peut-être là que réside la touche du producteur Frank Black et de sa méthode-en-douze-jours. Passé ce premier élan, et l’hilarant The Passenger (reprendre un titre fameux est désormais tradition), l’efficacité enjouée laisse place à une monotonie ambiante. Les parties vocales pourraient être interverties d’une chanson à l’autre qu’on ne les remarquerait pas. La structure, toujours la même (entrée progressive des instruments, chœurs pop et guitares rock), confère à l’ensemble un caractère prévisible qui laisse notre ouïe s’égarer.
À trop vouloir se rapprocher de son premier tube, le groupe en a oublié l’audace qui le définissait. Car bien qu’il ne soit pas là pour changer le monde, comme Eddie Argos le chante lui-même ironiquement sur Demons Out ! (“If we can’t change the world/Let’s at least get the charts right !”), Art Brut n’a pas fait évoluer sa sphère artistique non plus. Il faut attendre l’ultime morceau, Mysterious Bruises, pour que notre écoute devienne enfin plus attentive aux subtilités musicales, avec l’inspiration funk, le groove de la basse et les notes de piano finales. Sept minutes savoureuses pour clôturer un combat satanique.