Le mois de décemb' venu, l'heure des bilans carillonne à tous les
étages. Vous connaissez déjà une partie de notre tableau d'honneur des albums, singles et
autres groupes de 2010, le détail restant à découvrir dans le sixième volume
de Hors-série 365 Chroniques actuellement en
kiosque. Là où vous trouverez également les portraits de nos dix
personnalités de l'année, de Jamie Harley à Peter Milton Walsh en passant par Owen Pallett ou... Arnaud Fleurent-Didier ! Nous y voilà. Voici le profil nourri de l'enchanteur pop français.
Le 5 avril dernier, Arnaud Fleurent-Didier se (re)produit pour la troisième fois de l’année sur la scène du Théâtre Le Méry. Comme il l’a fait quelques jours auparavant sur l’antenne de France Inter, il donne sa version de Chacun Fait (C’Qui Lui Plaît), le tube de Chagrin D’Amour. Divine surprise pour le public et motif d’éternel regret pour les absents, Valli en personne le rejoint sur scène pour entonner son fameux “Chacun fait, fait, fait/C'qui lui plaît, plaît, plaît”. Restituer avec enthousiasme un peu de la magie d’une chanson solidement ancrée dans les années 80, ce n’est pas le moindre des pirouettes d’un chanteur régulièrement attaqué pour son amour des arrangements désuets et sa filiation supposée avec la variété seventies. Mais après des années d’une disette moyennement bien digérée (des disques sous le pseudonyme de Notre-Dame, un excellent premier album solo en 2003, Portrait Du Jeune Homme En Artiste), Arnaud Fleurent-Didier fait maintenant ce qui lui plaît, et son succès aura été l’un de nos plus grands plaisirs de l’année écoulée. Parfaitement affûté en programmateur pour MK2 à la faveur d’une carte blanche hivernale ; vaguement incrédule en invité de l’émission On N’est Pas Couché ; davantage dans son élément quoique légèrement tendu sur la scène de la salle Pleyel où il interprétait, en juillet, l’intégralité La Reproduction accompagné de son groupe et d’un orchestre de quinze musiciens…
Au risque de la saturation, on aura vu le garçon partout, savourer chaque instant de cette attention qui était enfin portée à ses chansons (dont l’inusable single France Culture), avec une candeur bravache qui pourrait faire hésiter certains entre les volées de baisers et les volées de bois vert. Car à mesure qu’une pluie de louanges s’abattait sur Arnaud Fleurent-Didier, une hostilité épidermique affleurait de plus en plus nettement çà et là, les commentaires narquois criant à l’imposture, au parisianisme, au maniérisme, au centrisme (retour de bâton logique pour qui avouait voter Bayrou au quotidien Libération, en 2007). Cela faisait un petit moment que n’avait pas émergé ici-bas un chanteur qui attire sur sa personne et sa musique autant de sentiments contradictoires, les détracteurs du garçon hésitant entre mépris et incrédulité. On se félicite finalement de ce petit schisme pop dans le Landerneau français, car il signe la mise à jour d’un auteur-compositeur à la fois doué et ambitieux, subtil et franc, qui articule comme rarement l’intime et l’histoire, partagé entre une fragile mécanique des sentiments et un regard acéré sur le monde qui l’entoure.
On est absolument certain qu’Arnaud Fleurent-Didier est de ces artistes pour qui le succès est un événement entièrement positif, sans l’ombre d’un bémol, le genre de chose qui ouvre et épanouit et promet des lendemains qui chantent encore. C’est ce que laisse entendre le jeune homme quand on lui demande ce qu’il retient de ces douze derniers mois : “Le bilan très positif de l’année, ça a été le rapport au public. Je sens qu’il a gonflé, je le vois en tournée. Il n’y a plus seulement des trentenaires, mais il y a aussi leurs papas, leurs mamans, leurs enfants… C’est fou, c’est super. Il y a trois générations, c’est nouveau pour moi, de signer autant d’autographes, d’expliquer La Reproduction aux gens qui viennent me demander ce que je voulais dire, au détour de Ne Sois Pas Trop Exigeant ou dans un vers. C’est très nourrissant et ça donne vraiment envie d’aller plus loin”.
Le 5 avril dernier, Arnaud Fleurent-Didier se (re)produit pour la troisième fois de l’année sur la scène du Théâtre Le Méry. Comme il l’a fait quelques jours auparavant sur l’antenne de France Inter, il donne sa version de Chacun Fait (C’Qui Lui Plaît), le tube de Chagrin D’Amour. Divine surprise pour le public et motif d’éternel regret pour les absents, Valli en personne le rejoint sur scène pour entonner son fameux “Chacun fait, fait, fait/C'qui lui plaît, plaît, plaît”. Restituer avec enthousiasme un peu de la magie d’une chanson solidement ancrée dans les années 80, ce n’est pas le moindre des pirouettes d’un chanteur régulièrement attaqué pour son amour des arrangements désuets et sa filiation supposée avec la variété seventies. Mais après des années d’une disette moyennement bien digérée (des disques sous le pseudonyme de Notre-Dame, un excellent premier album solo en 2003, Portrait Du Jeune Homme En Artiste), Arnaud Fleurent-Didier fait maintenant ce qui lui plaît, et son succès aura été l’un de nos plus grands plaisirs de l’année écoulée. Parfaitement affûté en programmateur pour MK2 à la faveur d’une carte blanche hivernale ; vaguement incrédule en invité de l’émission On N’est Pas Couché ; davantage dans son élément quoique légèrement tendu sur la scène de la salle Pleyel où il interprétait, en juillet, l’intégralité La Reproduction accompagné de son groupe et d’un orchestre de quinze musiciens…
Au risque de la saturation, on aura vu le garçon partout, savourer chaque instant de cette attention qui était enfin portée à ses chansons (dont l’inusable single France Culture), avec une candeur bravache qui pourrait faire hésiter certains entre les volées de baisers et les volées de bois vert. Car à mesure qu’une pluie de louanges s’abattait sur Arnaud Fleurent-Didier, une hostilité épidermique affleurait de plus en plus nettement çà et là, les commentaires narquois criant à l’imposture, au parisianisme, au maniérisme, au centrisme (retour de bâton logique pour qui avouait voter Bayrou au quotidien Libération, en 2007). Cela faisait un petit moment que n’avait pas émergé ici-bas un chanteur qui attire sur sa personne et sa musique autant de sentiments contradictoires, les détracteurs du garçon hésitant entre mépris et incrédulité. On se félicite finalement de ce petit schisme pop dans le Landerneau français, car il signe la mise à jour d’un auteur-compositeur à la fois doué et ambitieux, subtil et franc, qui articule comme rarement l’intime et l’histoire, partagé entre une fragile mécanique des sentiments et un regard acéré sur le monde qui l’entoure.
On est absolument certain qu’Arnaud Fleurent-Didier est de ces artistes pour qui le succès est un événement entièrement positif, sans l’ombre d’un bémol, le genre de chose qui ouvre et épanouit et promet des lendemains qui chantent encore. C’est ce que laisse entendre le jeune homme quand on lui demande ce qu’il retient de ces douze derniers mois : “Le bilan très positif de l’année, ça a été le rapport au public. Je sens qu’il a gonflé, je le vois en tournée. Il n’y a plus seulement des trentenaires, mais il y a aussi leurs papas, leurs mamans, leurs enfants… C’est fou, c’est super. Il y a trois générations, c’est nouveau pour moi, de signer autant d’autographes, d’expliquer La Reproduction aux gens qui viennent me demander ce que je voulais dire, au détour de Ne Sois Pas Trop Exigeant ou dans un vers. C’est très nourrissant et ça donne vraiment envie d’aller plus loin”.