Je sais, je sais. Je sais déjà ce que vous pensez. "Il commence à faire grave chier, le vioque, va encore nous sortir ses leçons d'histoire à la con". Possible. Mais nous n'en sommes pas encore là. Pour ceux qui, comme dans la fameuse série 24 Heures Chrono, auraient trouvé le moyen de rater les épisodes précédents éventualité envisageable dans le seul cas où vous êtes partis ces six derniers mois en voyage de noces en terres de feu , un petit résumé s'impose. Les Arctic Monkeys sont quatre jeunes gens (moyenne d'âge, dix-neuf ans), originaires de Sheffield, qui ont été investis (par à peu près tout le monde, leurs copains, les internautes, la famille royale, Laurence Bell de Domino, qui, soit dit en passant, commence franz-ement à déconner, etc.) d'une mission délicate : assurer son futur du rock anglais. Avec leurs looks de hooligans miniatures, ces gamins ont pris leurs nouvelles fonctions très au sérieux, déclenchant même outre-Manche des émeutes à leurs concerts. Purée, on n'est pas là pour plaisanter. D'ailleurs, ils maltraitent méchamment leurs guitares et écrivent des morceaux pour la plupart dopés aux amphés, auxquels on comprend keud (si vous voulez bien me passer l'expression) parce qu'ils partent dans tous les sens. Sans aller nulle part. Je sais, je sais.
Tout comme le fait de ne jamais avoir été une fille de treize ans m'a interdit de saisir toutes les subtilités du film Virgin Suicides, celui de ne plus en avoir dix-huit me prive sans doute de la possibilité de saisir à sa juste valeur l'importance de ces morceaux énervés, de profiter pleinement de ces montées d'adrénaline fulgurantes. Dont acte. Si le single I Bet You Bla-bla-bla avait pu faire illusion, ce premier album au titre rigolo (les bougres excellent d'ailleurs en ce domaine) confirme ce que je craignais méchamment après leur pitoyable prestation "olympienne" de l'an passé. S'inscrire dans une tradition toute british pour faire vite, The Undertones-The Jam-The Libertines, le tout saupoudré de rhythm'n'blues et de northern soul est une bonne chose, mais encore faut-il avoir un tant soit peu de talent mélodique pour pouvoir résister au poids de... l'histoire, ne pas oublier d'accompagner la forme d'un peu de fond. Parfois, ils font illusion, ces garnements, sur de courts passages (le refrain de The View From The Afternoon, le final de From The Ritz To The Rubble, l'intro de Red Light Indicates Doors Are Secured), ils surprennent même en signant une sacrée ballade intitulée Riot Van avant de jouer aux plus malins en citant le Roxanne de The Police sur When The Sun Goes Down. Mais de ces quarante minutes jouées le plus souvent à pleins tubes (mais sans hits), on retient peanuts, et surtout pas l'once d'une chanson savante, à peine quelques gimmicks malins. Je sais, je sais. L'avenir appartient à la jeunesse. Mais dans le cas présent, ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprendra à faire la grimace.
Tout comme le fait de ne jamais avoir été une fille de treize ans m'a interdit de saisir toutes les subtilités du film Virgin Suicides, celui de ne plus en avoir dix-huit me prive sans doute de la possibilité de saisir à sa juste valeur l'importance de ces morceaux énervés, de profiter pleinement de ces montées d'adrénaline fulgurantes. Dont acte. Si le single I Bet You Bla-bla-bla avait pu faire illusion, ce premier album au titre rigolo (les bougres excellent d'ailleurs en ce domaine) confirme ce que je craignais méchamment après leur pitoyable prestation "olympienne" de l'an passé. S'inscrire dans une tradition toute british pour faire vite, The Undertones-The Jam-The Libertines, le tout saupoudré de rhythm'n'blues et de northern soul est une bonne chose, mais encore faut-il avoir un tant soit peu de talent mélodique pour pouvoir résister au poids de... l'histoire, ne pas oublier d'accompagner la forme d'un peu de fond. Parfois, ils font illusion, ces garnements, sur de courts passages (le refrain de The View From The Afternoon, le final de From The Ritz To The Rubble, l'intro de Red Light Indicates Doors Are Secured), ils surprennent même en signant une sacrée ballade intitulée Riot Van avant de jouer aux plus malins en citant le Roxanne de The Police sur When The Sun Goes Down. Mais de ces quarante minutes jouées le plus souvent à pleins tubes (mais sans hits), on retient peanuts, et surtout pas l'once d'une chanson savante, à peine quelques gimmicks malins. Je sais, je sais. L'avenir appartient à la jeunesse. Mais dans le cas présent, ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprendra à faire la grimace.