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Arca / Nocturne Impalpable de Arca

chronique d'album
Le label nancéen Les Disques Du Soleil Et De L'Acier (quel nom !) prend la suite de Noise Museum (aujourd'hui Alice In Wonder) pour sortir ces deux petits joyaux aux reflets sombres et mélancoliques. Arca, derrière lequel se cachent Sylvain Chauveau et Joan Cambon, arrive avec un premier album fascinant, qui nous plonge dans les remous obscurs des Bien au contraire, le duo prend des directions contemporaines voire avant-gardistes, n'hésitant pas à plaquer des passages poétiques d'Albert Camus (1957), des dialogues en russe d'Andrei Tarkovski (La Zone), de discrètes paroles anglaises tirées du Kafka de Steven Soderbergh (L'Organisation), qui ornent des instrumentaux à la force mélodique implacable (Baixa et 1957 en tête). Le rapprochement avec Micro:Mega tient dans l'habileté à mêler l'électronique et les instruments traditionnels et à former un résultat organique fabuleux. Mais, confusément, c'est Complot Bronswick (celui de Maiakowski) qui trans-paraît également, ainsi que Tuxedomoon, l'ambient expérimental sombre, La Nuit Du Chasseur de Charles Laughton (Pearl Harper)... Globalement, une très belle réussite, même si la fin du disque souffre de l'excellence du début. En solo, Chauveau lorgne davantage vers Satie qu'à l'époque de son premier essai (Le Livre Noir Du Capitalisme), mais il est toujours aussi efficace dans la gestion des silences, des relents mélancoliques, des rencontres subtiles entre violoncelles, piano et électronique. Un album fidèle à son titre, "nocturne" et "impalpable" donc, qui propose un voyage intimiste aussi exigeant que beau.
Jean-Henri Maisonneuve
MAGIC RPM  #57
article extrait de :
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