Sous le haut patronage de la famille Palace Brothers, la première apparition discographique d'Arbouretum (Long Live The Well-Doer, 2004) se fit en compagnie de Will Oldham sur le Box Tree initié par son frère Ned. Trois ans plus tard, c'est leur frangin Paul que l'on retrouve en compagnie de John McEntire derrière les manettes de Rites Of Uncovering. Et si l'on ajoute que David Heumann, ci-devant leader d'Arbouretum, croisa également le fer avec l'auteur de Ohio River Boat Song lors de sa première Peel Session et qu'il accompagna dans la foulée Papa M, on comprendra aisément que notre homme et son acolyte Walker David Teret reprennent aujourd'hui les affaires là où le séminal Superwolf de Matt Sweeney et Bonnie "Prince" Billy les avaient laissé. Une véritable affaire de famille... Et de guitares ! Car au sein du duo de Baltimore, on prend à ce point la chose au sérieux qu'on érige des autels leur premier album en comprend huit à sa gloire. À l'instar de l'incontournable Ben Chasny (Six Organs Of Admittance, Comets On Fire), Heumann et Teret organisent ainsi de véritables messes autour de leurs instruments, à mi-chemin entre les délires soniques du Crazy Horse et ceux de Funhouse des Stooges. Et si l'on a bien affaire à une musique bavarde mais habitée, reconnaissons que les (nombreux) soli de six-cordes en réfèrent ici plus volontiers à John Coltrane qu'à Tommy Iommi. Et les seuls fantômes (Ghost Of Here And There) que l'on croise ont pour noms Gun Club et Joy Division : pas de quoi trembler, sinon de bonheur ! Sur Rites Of Uncovering, l'écriture de chansons n'est que pur prétexte à jouer de la bonne musique, anguleuse et tendue (The Rise, Two Moons), de constructions cubiques (Tonight's A Jewel) en dérapages contrôlés (Pale Rider Blues). Hormis quelques excès de cymbales il faudrait songer à raviser certains batteurs à ce sujet , on tient assurément là une des plus belles pièces du label chicagoan Thrill Jockey, dont les récentes parutions accusaient une certaine baisse de régime. À découvrir sans tarder.