Antony And The Johnsons au Grand Rex de Paris - Jeudi 9 avril
Par Nina Rolland.
Pour la seconde de leurs deux dates hexagonales, Antony Hegarty et "ses amis" se sont installés au Grand Rex de Paris. Un lieu en harmonie avec leur musique, d’une architecture impressionnante et d’une intimité cryptique. Une ambiance soignée qui a un prix, de cinquante à quatre-vingt euros la place pour être précis, et même si le Grand Rex n’est pas La Fenice de Venise, ou Antony Hegarty, La Callas, c’est tout comme pour un public recueilli et acquis d’avance à la cause du chanteur baroque.
Passée la “première partie” où un oiseau transsexuel sorti d’un des meilleurs documentaires d’Arte fait gigoter ses ailes mécaniques pendant vingt minutes sous les regards ébaubis, les six musiciens débarquent doucettement, suivis du maître de l’envoûtement, vêtu d’une toge noire. Sans dire un mot, ils jettent les premières notes. Mariées au silence de la salle, elles distillent peu à peu l’atmosphère hypnotique qui survolera l’assistance jusqu’à la fin de la performance.
Les quatre premiers morceaux sont joués tout en retenue, chaque musicien murmure son accompagnement du bout des doigts, pour mieux mettre en valeur la voix du chanteur. Les lumières sont très faibles, on ne distingue que des silhouettes sur scène, comme s’il fallait du temps à Antony Hegarty pour que sa voix fragile se familiarise avec son auditoire avant de s’exprimer pleinement.
L’explosion a lieu sur Kiss My Name, où tous les instruments prennent sens. Les deux violons vocalisent, le piano chante, les lumières deviennent plus intenses, la toile de fond délaisse sa fonction d’épouvante pour se faire soleil. Un changement brusque, signe que le chantre est devenu diva, son apparence de prédilection. La connivence avec le public s’accroît et la chanteuse perfectionniste se permet d’arrêter les musiciens pour recommencer un morceau. Le dialogue peut enfin avoir lieu. Entre anecdotes et sourires, Anthony Hegarty se sent comme chez lui à Paris.
L’échange dure près d’une heure trente. Après deux rappels, le maître se retire aussi vite qu’il est arrivé, juste le temps de remercier la foule, qui repart comme elle l’espérait, conquise.
Par Nina Rolland.
Pour la seconde de leurs deux dates hexagonales, Antony Hegarty et "ses amis" se sont installés au Grand Rex de Paris. Un lieu en harmonie avec leur musique, d’une architecture impressionnante et d’une intimité cryptique. Une ambiance soignée qui a un prix, de cinquante à quatre-vingt euros la place pour être précis, et même si le Grand Rex n’est pas La Fenice de Venise, ou Antony Hegarty, La Callas, c’est tout comme pour un public recueilli et acquis d’avance à la cause du chanteur baroque.
Passée la “première partie” où un oiseau transsexuel sorti d’un des meilleurs documentaires d’Arte fait gigoter ses ailes mécaniques pendant vingt minutes sous les regards ébaubis, les six musiciens débarquent doucettement, suivis du maître de l’envoûtement, vêtu d’une toge noire. Sans dire un mot, ils jettent les premières notes. Mariées au silence de la salle, elles distillent peu à peu l’atmosphère hypnotique qui survolera l’assistance jusqu’à la fin de la performance.
Les quatre premiers morceaux sont joués tout en retenue, chaque musicien murmure son accompagnement du bout des doigts, pour mieux mettre en valeur la voix du chanteur. Les lumières sont très faibles, on ne distingue que des silhouettes sur scène, comme s’il fallait du temps à Antony Hegarty pour que sa voix fragile se familiarise avec son auditoire avant de s’exprimer pleinement.
L’explosion a lieu sur Kiss My Name, où tous les instruments prennent sens. Les deux violons vocalisent, le piano chante, les lumières deviennent plus intenses, la toile de fond délaisse sa fonction d’épouvante pour se faire soleil. Un changement brusque, signe que le chantre est devenu diva, son apparence de prédilection. La connivence avec le public s’accroît et la chanteuse perfectionniste se permet d’arrêter les musiciens pour recommencer un morceau. Le dialogue peut enfin avoir lieu. Entre anecdotes et sourires, Anthony Hegarty se sent comme chez lui à Paris.
L’échange dure près d’une heure trente. Après deux rappels, le maître se retire aussi vite qu’il est arrivé, juste le temps de remercier la foule, qui repart comme elle l’espérait, conquise.