Biographie
Animal Collective était à l’origine le jouet de deux bonshommes originaires de la champêtre Baltimore (Maryland) : David Portner, alias Avey Tare, assisté à la batterie du gracieux Noah Lennox, alias Panda Bear. Les deux complices s’uniront avec deux autres amis d’enfance, le guitariste Josh Dibb (alias Deakin) et le trouveur sonore Brian Weitz (alias Geologist), pour forger, au fil des années et des labels (les artisanaux Animal et Paw Tracks ou l’interlope structure FatCat) une discographie pléthorique. De l’inaugural sommet lysergique Spirit They’re Gone, Spirit They’ve Vanished (2000) au folk rêvé par Morphée de Campfire Songs (2003) ou cauchemardé par John Merrick de Sung Tongs (2004) et Feels (2005), en passant par les expérimentations carabinées de Hollinndagain (2002) ou Here Comes The Indian (2003), difficile de suivre ces esprits défricheurs dans leurs pérégrinations musicales. D’autant qu’ils s’ingénient à nous perdre au gré de leurs humeurs (à deux, à trois, à quatre, sans celui-là ou celui-ci), et se permettent même de sortir des albums solos que certains considèrent comme supérieurs à leurs travaux collectifs (le cosmique et beach-boyesque Person Pitch de Panda Bear). Depuis la signature sur Domino et la récente pyrotechnie sonore étayée sur Strawberry Jam (2007), Animal Collective est aujourd’hui considéré comme une indie-vache sacrée. Un statut que l’on était bien loin de voir poindre lorsque l’on visionnait il y a trois ans le clip de Who Could Win A Rabbit?, où une bande de copains rigolards et sans prétention faisaient mumuse dans les bois en revisitant la fable du lièvre et la tortue affublés de costumes ridicules. Une évolution presque attristante, tant le jugement sur leur musique (souvent positif, parfois négatif, toujours hyperbolique) semble aujourd’hui uniquement guidé par le snobisme.