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Bien qu'elle ait multiplié, depuis une dizaine d'années, les collaborations plus ou moins anecdotiques des deux côtés de l'Atlantique, Angela McCluskey se résume, pour le public français, à  une voix sublime venue habiter, presque posséder, quelques-uns des titres les plus marquants du premier album de Télépopmusik, Genetic World. Une voix, ou plutôt une plainte un peu rauque, saturée de fumée et d'alcool, presque brisée et pourtant toujours juste, comme hantée par les spectres de Billie Holiday ou de Karen Dalton. D'une artiste dotée d'un pareil organe, on dit souvent qu'elle pourrait chanter le bottin sans que personne y trouve à  redire. C'est un peu ce que l'interprète de Breathesemble avoir voulu vérifier sur ce premier essai en nom propre. À l'exception d'un premier morceau climatique et lynchien où son chant fait merveille, McCluskey se contente ensuite de dérouler des ballades country pop FM au kilomètre, réalisées, sans bavure ni aspérités, par un producteur suédois revêtu d'une paire de moufles triple épaisseur, et qui ferait passer Sheryl Crow pour une artiste d'avant-garde. Indignes d'une interprète de ce calibre, ces chansons de médiocre facture sonnent comme autant d'échecs regrettables. À la réflexion, on a déjà  feuilleté des annuaires plus captivants...
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #83
article extrait de :
MAGIC RPM #83 Commander ce numéro


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