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Helium Sunset de An Pierlé

chronique d'album
En 1999, Mud Stories, le premier album de cette lolita belge, avait surpris son monde par de candides confidences minimalistes. Aujourd'hui, An Pierlé travaille tout en émotion retenue et en franchise sensuelle. L'ambiance feutrée et élégante de Helium Sunset est tellement fragile qu'à chaque nouveau morceau, on est un peu plus près de la rupture. On n'ose rien déranger sans la permission de l'auteur. De loin, on croit reconnaître le phrasé magique de Kate Bush, les caresses pianistiques de Tori Amos, le verbe de Lisa Germano, la folie de Stina Nordenstam. Que nenni. An Pierlé, soutenue par son guitariste et compagnon Koen Gisen, évolue dans un univers qui lui est propre. Perchée sur son ballon gonflé à L'Helium Sunset, elle a la tête dans les étoiles. D'ailleurs, pour faire taire les comparaisons, elle tient à s'excuser dès l'ouverture du disque. Après Sorry, toutes les fautes avouées sont immédiatement pardonnées. Sur Nobody's Fault, Pierlé est rejointe au chant par Koen. Le morceau, aussi superbe soit-il, dégage cependant une sensation de malaise. Impuissant et voyeur malgré soi, on assiste à une scène de déchirure. Alors on préfère quitter la pièce. La rythmique de Sing Song Sally est fédératrice, les onomatopées en disent beaucoup plus qu'un long discours. On défendra la fille d'Anvers et contre tout.
Jean-Noël Dastugue
MAGIC RPM  #72
article extrait de :
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