L'approche de One In An Infinity Of Ways, premier album d'Ammoncontact, est chose aisée. Après la sortie de trois maxis chez Soul Jazz et Plug Research, le duo a rejoint l'écurie Ninja Tune, un choix évident si l'on en juge par son style. À savoir une approche fluide et multiforme de l'abstract hip hop, basée sur un minimalisme élégant car jamais forcé. L'idée n'étant pas, comme vous l'aurez deviné, de briser la ligne du label londonien, mais bien de remplir son cahier des charges. Ainsi, tout au long de ces douze pièces, Ammoncontact s'efforce-t-il de maintenir l'équilibre entre prétention formelle et accessibilité. Avec un certain succès, il faut en convenir, si l'on excepte ses difficultés à entretenir l'attention lors des passages downtempo (Wu Woomp Woomp, One In An Infinity Of Ways). Bien sûr, on peut regretter que ces natifs de Los Angeles ne jouent pas le jeu de la déstabilisation perverse à la manière d'un Kid Koala, ou encore qu'ils ne nous guident pas vers des reliefs plus autrement abrupts comme sait le faire Madlib. À suivre de trop près l'ombre de leurs aînés (Amon Tobin en tête), Fabian Ammon et Carlos Nià±o referment les portes qu'ils ont entrouvertes, craignant sans doute d'avoir à se mesurer à plus habile qu'eux. Reste que cette timidité, qui assigne le tandem à une production en clair-obscur, n'est pas dénuée de charme. On se plaît même à imaginer les deux compères rougissant de confusion au moment d'attaquer la tradition funk (Fun Is For Funky) ou latin jazz (Like Waves Of The Sea), avec l'intuition, toute judicieuse, d'y trouver leur voie. Les invités venus les épauler dans leur quête d'identité (Build An Ark, Lil Sci) ne s'y sont pas trompés : s'ils se libèrent de leurs complexes, les gars d'Ammoncontact devraient gagner dans les années à venir leur ticket pour la cour des grands.