Biographie
Apparu au mitan des années 90 sous le nom d'Ariel, Alpha s'inscrit dans cette mouvance que l'on a baptisée trip hop et dont les deux plus fiers représentants sont alors deux de ses concitoyens de Bristol, Portishead et Massive Attack. Signé sur le label de ces derniers, Melankolic, le groupe est en fait constitué d'un noyau dur, Corin Dingley et Andy Jenks, autour duquel gravitent divers musiciens et surtout interprètes, masculins et féminins. Épris de bandes originales des sixties et de compositeurs légendaires tels Jimmy Webb, Burt Bacharach ou Lee Hazlewood, dont ils appliquent les recettes aux sampleurs et autres ustensiles d'obédience électronique, les deux amis frappent un grand coup avec la sortie de leur premier album, ComeFromHeaven (1997), cadeau du ciel langoureux et empreint d'un romantisme échevelé. Bien vite, ces jeunes gens à la culture encyclopédique trouvent en la France une terre d'accueil artistique et multiplient les remixes (Coldplay, parmi tant d'autres). Après un deuxième album plus organique, The Impossible Thrill (2001), et le naufrage de Melankolic, le tandem fonde sa propre structure, Don't Touch, qui accueille le somptueux Stargazing (2003), fricote avec Madonna – sans réussite – ou dédouble les projets (Vacant, ouvertement destiné aux dancefloors). Mais, pour divergences artistiques et autres motifs personnels, Jenks finit par quitter le navire, laissant Dingley comme seul maître à bord. Entre le développement du label (qui accueille également Blueneck ou James Roberts) et ses activités de producteur, ce multi-instrumentiste féru de technologie laisse Alpha en friche, tout en compilant judicieusement instrumentaux, remixes, faces B et inédits pour des sorties qui permettent au projet de ne pas tomber dans l'oubli. Grand bien lui en a fait puisque Corin a achevé en 2007 le quatrième “véritable” Lp du “groupe”, The Sky Is Mine, avec la collaboration d'une seule chanteuse (présente depuis les débuts), la divine Wendy Stubbs.