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Le chant d’Alela Diane semble chargé de cent vies alors qu’il appartient à une femme encore jeune, qui dégage pureté et puissance, intensité émotionnelle contenue, petits décrochements à vous faire frisotter les poils. En bonus, elle possède un jeu de guitare en arpèges personnel, qui est profondément nourri des traditions américaines épurées.

Avoir le goût de tout ce qui est ancien, grandir dans un village investi par une communauté hippie de Californie du Nord, doit aider. Apprendre à chanter avec sa génitrice et se faire accompagner à la guitare par son père aussi. Son premier album de folk sans âge, The Pirate’s Gospel (2007), a connu un succès inespéré en France tandis que le projet de reprises Headless Heroes à laquelle elle a prêté sa voix prouve qu’Alela Diane serait une grande chanteuse de pop mélancolique. Son second Lp s’en tient au crédo folk, et on n’en demandait pas tant elle est renversante.

Toujours secondée par les chœurs de sa copine d’enfance Mariee Sioux, Alela Diane a néanmoins voulu élargir un rien l’espace sonore (lapsteel, violoncelle ou violon), tout en préservant les conditions essentielles à l’authenticité miraculeuse de sa musique. Si on l’a beaucoup comparée la troublée et fulgurante Karen Dalton, Alela Diane s’est volontairement et trop bien enracinée pour connaître le même funeste destin. À l’intérieur d’elle, couve la même passion élémentaire.

Philippe Richard
MAGIC RPM  #128


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