Attention, chef-d'oeuvre. On n'en attendait pas moins du duo versaillais le plus connu à travers le monde. Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont franchi le pas avec élégance et savoir-vivre. Nourrissant leurs propres compositions d'éléments cinématographiques, ils offrent une brillante lecture sonore pour le long métrage de Sofia Coppola, The Virgin Suicides. D'une sobriété exemplaire et d'un romantisme à fleur de peau, le groupe se montre bien plus suggestif que tape-à-l'oeil. Assistés par l'ex-batteur de Redd Kross, Brian Reitzel, les deux hommes réhabilitent la BO grand luxe. Car The Virgin Suicides est une oeuvre à part dans l'industrie du disque. Ici, il n'est nullement question de hype, bien au contraire. Les morceaux ont une force harmonique délicieusement désuète, mâtinée de rock progressif. La force de cet album réside dans les tendres nuances douces et amères. Avec seulement quelques claviers, une basse et une batterie servis sur un plateau en or, Air décroche la palme de la meilleure musique de films des mains d'Ennio Morricone ou autre Lalo Schifrin. La ballade d'ouverture, Playground Love, chantée par l'énigmatique Gordon Tracks (chanteur de Phoenix), oscille entre la mélancolie et la nostalgie. Les envolées de Dead Bodies ramènerait un mort à la vie, tant le piano est martelé avec énergie et la rythmique vitalisante. La chorale des séraphins s'est réunie au grand complet pour fêter le triomphe de ces dieux de l'électronique. The Virgin Suicides ou La Vie Rêvée Des Anges.