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Pocket Symphony de Air

chronique d'album
Depuis son incursion inaugurale dans la stratosphère, Air n'a cessé de pratiquer l'art du contre-pied, parvenant avec un talent incontestable à se jouer des stéréotypes et des étiquettes qui collent encore parfois comme de vieux chewing-gums à la plume des journalistes qui continuent à guetter le prochain Sexy Boy. Ce nouvel album, tout aussi remarquable que ces prédécesseurs le confirment : le temps de l'electro rétrofuturiste est passé depuis bien longtemps. Finis les safaris lunaires. Désormais, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel se concentrent sur une musique étonnamment terrestre, où dominent les sonorités organiques et acoustiques (piano, guitare ou même Koto et Shamisen). Une musique marquée par les lois de la pesanteur qui, tout en gardant un oeil vers la voute céleste (Space Maker, Night Sight), évoque bien davantage la tranquillité des atterrissages maîtrisés, la quiétude sereine qui suit les grands instants d'excitation. Mise à part une incursion exotique en Mer Du Japon, rencontre au sommet entre Kelly Watch The Stars et Alain Chamfort, le calme règne ici sans jamais être plat. Le mérite en revient à ces chansons de mieux en mieux écrites, toujours impeccablement enrobées par Nigel Godrich, et parfois servies par les voix d'invités triés sur le volet : Jarvis Cocker, pour un récit de dimanche matin subtilement plombé, digne des meilleurs moments de son album solo (Hell Of A Party) ; Neil Hannon, d'une sobriété pour une fois exemplaire (Somewhere Between Waking And Sleeping). Bref, une réussite de plus à inscrire au palmarès d'un duo qui, certes, porte de plus en plus mal son patronyme, mais a su mieux que beaucoup d'autres construire son oeuvre dans la durée. L'Air de rien...
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #108


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