Il convient d’abord de tirer à Nicolas Godin et
Jean-Benoît Dunckel le coup de chapeau qu’ils méritent amplement. En véritables
passionnés, ils ont maintenu un rythme d’activité soutenu et une exigence de
qualité presque constante tout au long des années 00, alors même que le succès
initial de Moon Safari (1998) les ayant mis définitivement à l’abri du
besoin, ils auraient aisément pu sombrer dans la léthargie dorée des
préretraités de la musique. Love 2 apparaît aujourd’hui comme le revers
de cette médaille de la surproduction. Pas un mauvais album, non : les
deux Versaillais possèdent bien trop de talent et de savoir-faire pour sombrer
durablement dans la médiocrité.
Juste un disque moyen, qui concentre notamment dans ses deux extrémités tous les reproches qui ont pu être injustement adressés à Air au cours de la décennie : une musique qui s’écoute sans passion ni déplaisir, déclinant une formule trop uniforme, comme une toile de fond sonore que l’on remarque à peine tant les scènes qui s’y déroulent manquent de relief. Le retour des guitares de l’immense 10 000 Hz Legend (2001) ne suffit pas toujours à masquer la faiblesse de certaines compositions. C’est donc en plein cœur du disque que l’on trouve finalement les motifs de réjouissance et d’espoir, lorsque Air assume, avec encore plus d’ardeur qu’à l’accoutumée, son affection pour les kitscheries seventies et que résonne un saxophone à la David Sanborn sur fond de claviers roucoulant façon Francis Lai. Le triptyque Tropical Disease et Heaven’s Light célèbrent ainsi en fanfare les noces d’Emmanuelle et du Grand Blond. Et mettent bien vite terme à toute tentation de désamour.
Juste un disque moyen, qui concentre notamment dans ses deux extrémités tous les reproches qui ont pu être injustement adressés à Air au cours de la décennie : une musique qui s’écoute sans passion ni déplaisir, déclinant une formule trop uniforme, comme une toile de fond sonore que l’on remarque à peine tant les scènes qui s’y déroulent manquent de relief. Le retour des guitares de l’immense 10 000 Hz Legend (2001) ne suffit pas toujours à masquer la faiblesse de certaines compositions. C’est donc en plein cœur du disque que l’on trouve finalement les motifs de réjouissance et d’espoir, lorsque Air assume, avec encore plus d’ardeur qu’à l’accoutumée, son affection pour les kitscheries seventies et que résonne un saxophone à la David Sanborn sur fond de claviers roucoulant façon Francis Lai. Le triptyque Tropical Disease et Heaven’s Light célèbrent ainsi en fanfare les noces d’Emmanuelle et du Grand Blond. Et mettent bien vite terme à toute tentation de désamour.