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How To Get To Heaven From Scotland de Aidan Moffat & The Best Ofs

chronique d'album
À l’attention de ceux qui se seraient malencontreusement lassés des dernières productions avant-gardistes du chanteur de feu Arab Strap, voilà un disque de vraies chansons, quasiment folk, accompagné de joyeux comparses du cru, Stevie Jones, qui joue d’habitude avec Isobel Campbell et Mark Lanegan, ainsi que l’ex-Delgados Alun Woodward.

On y retrouve la même chaleur humaine qu’au temps de Monday At The Hug And Pint (2003), disque maltraité en son temps pour cause de celtisme ostentatoire mais réévalué depuis. How To Get To Heaven From Scotland (beau programme) commence d’humeur badine par un fredonnement et une pointe d’human beatbox. Cette légèreté sera contagieuse, nimbant l’album d’une saine atmosphère de célébration entre intimes, de camaraderie à la bonne franquette, comme on dit dans nos campagnes. Le propos semble léger, il n’en reste pas moins intimiste avec une série de morceaux (Atheist’s Lament, Now I Know I’m Right, The Last Kiss), entre confession et storytelling.

Aidan Moffat va jusqu’au dénuement absolu (That’s Just Love) où, simplement accompagné d’un rudimentaire banjo des familles, il suggère à sa belle de ne plus s’embarrasser de lui. Mais les amis rejoignent bien vite notre pauvre hère pour une gigue endiablée, dédramatisant le propos défaitiste originel pour en faire un chant de corps de garde, paradoxalement aussi vulgaire qu’émouvant.

Bien sûr, il reste du drame dans cet album (Lullaby For An Unborn Child, à ne pas mettre entre les oreilles des femmes dépressives, crise de larmes assurée), mais ces tourments sont contrecarrés par un sentiment de solidarité et d’empathie profonde, comme si Barbu Ier, connaissant ses tares, essayait malgré tout de ne pas se laisser abattre, d’avancer, de grandir, et nous avec. Les amis, c’est pour la vie.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #128


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