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Premier signe particulier : Aesop Rock est blanc. Deuxième signe particulier : il appartient au clan Def Jux, dont on a vanté les mérites à maintes reprises. On est donc en mesure d'attendre de grandes choses de ses fables du troisième type, et le jeune Mc, originaire du East Village new-yorkais, ne déçoit pas, loin de là. Car la réputation littéraire dudit Village a largement déteint sur Aesop, dont le choix du patronyme ne laisse apercevoir qu'une étincelle de son amour du verbe. Loin de la tchatche "white trash" d'un Eminem, Aesop Rock laisse percer un côté plus intello : quelques grammes de finesse dans un monde de grosses brutes. Car Labor Days marque tout d'abord par sa dimension hautement poétique. Lorsque Aesop évoque ses rêves (Daylight), il les dépeint comme des papillons en origami auxquels on aurait oublié de façonner des ailes. Métaphore d'autant plus charmante que les rêves sont l'un des principaux sujets d'un album qui insiste sur l'importance de l'évasion tout en condamnant la rigueur actuelle. Ainsi, l'histoire de Lucy, mise en scène dans No Regrets, qui nous apprend-elle qu'il faut vivre ses désirs au lieu de les rêver ("You can dream a little dream or you can live a little dream/I'd rather live a little dream cos dreamers chase but never get it"). Même topo pour le plus aggressif 9- 5ers Anthem, qui se lamente sur l'engrenage métro-boulot-dodo : "Eight hours a day wasted on the dreams of someone that isn't us". Mais l'attrait d'Aesop Rock n'est pas purement verbal. Moins futuriste que celle de ses voisins de label Cannibal Ox, la musique d'Aesop Rock, parsemée de cordes et autres xylophones, est aussi humaine que ses paroles. La morale de l'histoire ? C'est la finesse qui fait l'homme.
Nathalie Fraser
MAGIC RPM  #56


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Kess - 27/03/2012 00:15
A souligner aussi, les productions ciselées de Blockhead, qui contribuent directement à créer l'atmosphère dramatico-ouateuse de ce superbe album.