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Presque Célèbre - 19/05 de Aeroplane

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La liste des bénéficiaires de leurs trois derniers remixes a de quoi donner le vertige : Friendly Fires, Grace Jones et Sébastien Tellier. Normal, me direz-vous, pour un groupe qui aime prendre de l’altitude comme Aeroplane. Le nom de ce duo belge, formé par l’ancien disquaire Vito De Luca et son aîné Dj Stephen Fasano, suscite l’admiration de ses pairs – au point de décliner une offre de Franz Ferdinand, par manque de temps – et affole les labels du monde entier (A&M Records, Island, Parlophone, joli brelan d’as). Même le producteur du premier album à paraître à la rentrée, Bertrand Burgalat, pourtant peu réputé pour son optimisme exalté, confesse qu’il n’a jamais vu un tel emballement depuis deux autres duos bien connus : Air et Daft Punk.

Si on lui souhaite le même destin international, Aeroplane n’a musicalement pas grand-chose à voir, sinon un amour commun pour la pop, au sens de musique populaire. Surfant sur le revival discoïde dont son label, Eskimo Recordings, est une belle vitrine (Lindstrøm, Prins Thomas, Low Motion Disco), le tandem wallon n’a jamais caché ses appétences psychédéliques (Pink Floyd, Fleetwood Mac) et italiennes (pop ou disco). “Nous nous situons délibérément à la frontière du bon et du mauvais goût”, dit Vito De Luca. Après un premier maxi, en 2007, Aeroplane, qui faillit bien se baptiser Pistache (sic), multiplie donc les commandes et travaille sa complémentarité. Si l’un privilégie le format pop (la structure couplet/refrain/couplet), l’autre apporte la progression rythmique et le caractère dansant des productions. “Ce sont deux mecs très drôles et intelligents, on se sait jamais ce qui peut advenir avec eux, avant d’entrer en studio”, témoigne Burgalat, au sortir de quinze jours de session d’enregistrement à Toulouse.

“Ce fut deux semaines magiques. Nous avons joué sur les instruments de nos rêves, comme cet orgue Hammond B3. Bertrand nous a été d’un secours vital, en nous proposant des idées auxquelles nous n’aurions jamais pensé”
, renchérit De Luca, à l’autre bout du fil. Place désormais à “l’aéroplanisation” (dixit BB) des morceaux, pour alléger les épaisses couches instrumentales. Si la liste des invités vocaux est encore tenue secrète, tout comme le titre de l’album, il se murmure que Sébastien Tellier, Nicolas Ker (Poni Hoax) ou encore Empire Of The Sun pourraient figurer au casting final – Mick Jagger, Brian Wilson et Mark Hollis (Talk Talk) n’étant pas disponibles. En Belgique et ailleurs, Soulwax peut donc trembler sur son trône, Aeroplane prépare son envol.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #131


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