Aeroplane
avait fait le bonheur total de ceux qui aiment danser avec une jolie collection
de remixes (Grace Jones, Sébastien Tellier, Breakbot…). En tête de liste, on se
souvient de l'étincelant Paris de Friendly Fires, réinterprété par Au
Revoir Simone : claviers poignants, paroles touchantes et envolées totalement
hédonistes. On avait alors hâtivement classé le tandem italo-belge dans la
catégorie nu-disco bicéphale, avec le lobe droit baignant dans le baléarique,
et le gauche dans l'italo house. Rien d’anormal lorsque l'on est italien, que
l’on a été bercé par Lucio Battisti, et que l'on aime à ce point les claviers
cheesy.
Pour son premier vol long courrier, Aeroplane n'avait donc pas intérêt à se planter. Et pour rester dans le clin d'œil aéronautique, We Can't Fly a été enregistré par-delà les océans, entre Toulouse, Paris, Londres et Los Angeles, et coproduit par Bertrand Burgalat. Ambitieux et luxueux, l'album se démarque au mieux de ce style de house mélancolique qui commençait un peu à peser sur les épaules de Vito De Luca et Stephen Fasano (qui a débarqué après l’enregistrement), avec une production plus ample et gonflée aux guitares, mais toujours imprégnée de cette touche de claviers à l'ancienne, où apparaissent des spectres de Giorgio Moroder (London Bridge), des bandes originales de films de John Carpenter et où l'effet dramatique est chevillé au synthétiseur.
Le premier single We Can't Fly étonne avec une rythmique aux accents presque reggae et des envolées soul, tandis que deux morceaux plus synthétiques pop – Without Lies (chanté par Sky Ferreira), et We Fall Over (le vol retour d'Au Revoir Simone) – offrent quelques généreuses bouffées d'air frais. Preuves de l'éclectisme de ce disque où il fait bon ne pas filer droit, le second single Superstar, aussi vocodérisé qu'un titre de Air, Good Riddance, néotube eighties chanté par Jonathan Jeremiah, et le brûlot rock discoïde I Don't Feel, interprété par Merry Clayton, qui duettisait autrefois avec Mick Jagger sur Gimme Shelter, finissent de tisser une toile complexe au sein de ce disque foisonnant, où le passé n'est finalement qu'un prétexte pour mieux regarder au loin.
> Écoutez We Can't Fly en intégralité.
Pour son premier vol long courrier, Aeroplane n'avait donc pas intérêt à se planter. Et pour rester dans le clin d'œil aéronautique, We Can't Fly a été enregistré par-delà les océans, entre Toulouse, Paris, Londres et Los Angeles, et coproduit par Bertrand Burgalat. Ambitieux et luxueux, l'album se démarque au mieux de ce style de house mélancolique qui commençait un peu à peser sur les épaules de Vito De Luca et Stephen Fasano (qui a débarqué après l’enregistrement), avec une production plus ample et gonflée aux guitares, mais toujours imprégnée de cette touche de claviers à l'ancienne, où apparaissent des spectres de Giorgio Moroder (London Bridge), des bandes originales de films de John Carpenter et où l'effet dramatique est chevillé au synthétiseur.
Le premier single We Can't Fly étonne avec une rythmique aux accents presque reggae et des envolées soul, tandis que deux morceaux plus synthétiques pop – Without Lies (chanté par Sky Ferreira), et We Fall Over (le vol retour d'Au Revoir Simone) – offrent quelques généreuses bouffées d'air frais. Preuves de l'éclectisme de ce disque où il fait bon ne pas filer droit, le second single Superstar, aussi vocodérisé qu'un titre de Air, Good Riddance, néotube eighties chanté par Jonathan Jeremiah, et le brûlot rock discoïde I Don't Feel, interprété par Merry Clayton, qui duettisait autrefois avec Mick Jagger sur Gimme Shelter, finissent de tisser une toile complexe au sein de ce disque foisonnant, où le passé n'est finalement qu'un prétexte pour mieux regarder au loin.
> Écoutez We Can't Fly en intégralité.
2 réactions réagir
@cola : voilà une réflexion très profonde et agrémentée d'arguments concrets ! Aussi vais-je argumenter de la même façon que toi :
J'adore.
J'adore.
N'ayons pas peur des mots:cet album est juste à vomir!