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Jacket Full Of Danger de Adam Green

chronique d'album
Fort de quelques tubes simplistes à souhait, d'une veste militaire au passé discutable et d'une coupe de cheveux (tendance nid de poules) digne du Keith Richards de la grande époque, Adam Green est surtout le chanteur américain le plus lymphatique à émerger depuis Jay Mascis, la guitare virtuose en moins. Et si Kimya Dawson, son ancienne comparse au sein des Moldy Peaches, poursuit une oeuvre aussi cohérente que confidentielle chez K Records, on n'a pu en dire autant de l'auteur de l'inusable Dance With Me, en ballottage permanent entre réussite (Friends Of Mine, en 2003) et semi-ratage (Gemstones, l'an passé). S'il confirme son allégeance à une certaine élégance pop sucrée façon Phil Spector, ce quatrième album de Green témoigne surtout d'un travail d'écriture, d'interprétation et de production inédit. Mâtiné de soul et judicieusement emballé de cordes, ce disque touché par la grâce (Nat King Cole, le velvetien C-Birds) parvient à rendre crédible la mutation du trublion anti-folk en crooner cramé. Qu'on se rassure, l'homme devra encore patienter pour troquer son look de roadie des Strokes au profit de l'habit noir des songwriters abîmés (le lénifiant Drugs). De country ringarde (Jolly Good, Hairy Women) en cocottes western (Watching Old Movies), tout semble réussir à ce fan de Nick Cave contrarié : pour la première fois de sa carrière, l'humour pratiqué au énième degré ne vient jamais plomber son propos sur la longueur d'un album. Entourée d'un backing-band biberonné au diptyque Stax/Motown, l'asperge humaine du Sidewalk Café ne devrait plus tarder à faire parler de sa personne pour de bonnes raisons.
RENAUD PAULIK
MAGIC RPM  #98
article extrait de :
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