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En une poignée d'années et de disques, le prolifique Adam Green est devenu un auteur-compositeur passionnant. Dans la lignée des éjaculations précoces des Moldy Peaches, Gemstones est le troisième album solo du petit prince de l'antifolk. Si les deux premiers opus lui ont permis de rejoindre Bill Callahan (Smog) et David Berman (Silver Jews) au classement des meilleurs songwriters américains en activité, dans la catégorie Lou Reed, il a désormais d'autres lièvres à courir. Sa découverte de Scott Walker l'autorise à un foisonnement d'idées baroques, d'orchestrations subtiles et d'envolées de violons. Entouré d'un Rat Pack soldé, Green s'envole donc pour Las Vegas, en crooner lo-fi. Ses chansons sans queue ni tête qui ne dépassent pas les deux minutes paraissent pourtant bien longues et indigestes. Certes, le chroniqueur cynique exerce son art avec un bonheur certain, les victimes de cet humour vachard ayant cette fois-ci pour noms Johnny Depp, Fabrizio Moretti ou George W. Bush (sic), mais on navigue de semi-réussites (le joli Emily) en calamités éprouvantes (Choke On A Cock et Over The Sunrise). Le temps d'un Who's Your Boyfriend bienvenu, Adam tombe son masque d'amuseur public et nous touche enfin, assis à la droite de Jonathan Richman, sur la branche de l'arbre où il guette la Mary des frères Farrelly. Un tel talent semble intarissable et l'on veut croire à un retour en forme, après cette parenthèse désenchantée.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #87
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