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Friends Of Mine de Adam Green

chronique d'album
L'Amérique des années 60 avait les poèmes hypnotiques d'Allen Ginsberg, celle des années 2000 se retrouve dans un Spiderman qui a les traits naïfs et adorables de l'acteur Tobey Maguire. Dans cet univers rendu aux enfants, le frêle troubadour Adam Green, qui a miraculeusement échappé à l'ogresse gloutonne Kimya Dawson au sein de The Moldy Peaches, a trouvé un terrain de jeu idéal, sans toutefois céder à la paresse. Même régressives et acidulées, les folk songs de ce joueur de flûte d'Hamelin égaré au pays des burgers possèdent une étrangeté naturelle et une richesse d'évocation qui en font l'équivalent en culottes courtes des meilleurs représentants de la scène beat d'il y a quatre décennies. Friends Of Mine, sous une allure nonchalante, représente un grand pas en avant pour ce lutin lo-fi. A l o r s qu'il aurait pu simplement continuer à charmer, sur deux ou trois disques supplémentaires et artisanaux, jusqu'aux modasses échappées des concerts de Cat Power (ah ! quand on vient de New York), Green s'éloigne brillamment avec ce deuxième album solo des automatismes de la scène antifolk. Si les arrangements sont frugaux et les chansons toujours lilliputiennes et structurées à la façon des biscuits Fingers Cadbury ("Vous pourriez pas les faire un peu plus longs", quémandait l'enfant dans une vieille publicité pour la marque), Adam y appose une grâce et un génie innés. Avec cet album doux-amer, ce morveux apparaît aujourd'hui plus proche d'un Lee Hazlewood qui aurait fait une overdose de fromage Kiri que d'un Daniel Johnston claquemuré dans ses tics lo-fi. Gloire à lui !
Julien Welter
MAGIC RPM  #73
article extrait de :
MAGIC RPM #73 Commander ce numéro


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