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Crestfallen

archive mag février 2005
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D'Acetate Zero, on garde le souvenir ému d'un premier album pour peu que l'on excepte le très confidentiel Softcore Paradise tiré à deux cents exemplaires et publié trois ans auparavant pas encore masterisé mais franchement prometteur, Ground Altitude. Monstres d'érudition, les cinq Parisiens, à qui l'on doit la découverte forcément majeure de Six Organs Of Admittance, y développaient alors une musique dont le spectre musical s'étendait d'Aerial M à Hood en passant par les Space Needles. C'était en 2002, et une poignée de concerts aussi rares qu'enthousiasmants (sur la scène de La Guinguette Pirate et lors du dernier festival Mo'Fo notamment) achevèrent de convaincre du talent de ce collectif mixte à guitares vertigineuses. Nouvelle pierre angulaire d'une discographie aussi modeste qu'exemplaire, Crestfallen poursuit donc l'aventure avec une intensité accrue, nous emmenant là où Mustang et Jazzmaster s'enroulent en spirales dépressives. Tour à tour cold-wave et psychédélique, ces quinze compositions ne devraient décevoir a contrario de ce que ce titre lapidaire pourrait laisser supposer que les handicapés de l'appareil auditif et les incurables de My Bloody Valentine. Car de A à Z, Acetate Zero s'impose comme un groupe majeur de l'Hexagone, qui n'a finalement à envier à ses inspirateurs que leur notoriété. Et si le terme n'avait pas été galvaudé par quelques fumeux chevelus à la fin des années 60, on aimerait qualifier Cresfallen de disque planant, telle une partition electronica interprétée par un nombre incalculable de six-cordes noyées dans la saturation et le delay. Il devrait faire bon de passer l'hiver au froid cette année...

Renaud Paulik

magazine num 87 article extrait de :
MAGIC RPM #87


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