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A Girl Called Eddy
archive mag juillet 2004
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Voilà plusieurs mois que l'on attendait désespérément la sortie officielle du premier album d'Erin Moran, alias A Girl Called Eddy. D'abord réfugiée chez le label indépendant Setanta, la demoiselle aux faux airs d'April March (sur la pochette) et de Kim Deal (sur les photos), que l'on dit volontiers caractérielle sinon ingérable, est désormais hébergée par le mastodonte Anti (Daniel Lanois, Tom Waits, Tricky, Muggs, etc.). Mais l'essentiel est ailleurs, dans ce disque romantique et indémodable qui arrive à point nommé, à l'heure où l'indigente Joss Stone fait illusion et l'immense Beth Orton se fait attendre. Dès les premières notes de Tears All Over Town, on ne peut s'empêcher de voir en A Girl Called Eddy le pendant féminin de Richard Hawley, qui... produit l'album avec son fidèle Colin Elliot, arrangeur incomparable qui magnifie la voix limpide de l'Américaine, en ne la noyant jamais dans la masse orchestrale. D'une splendide homogénéité, cet opus alterne les plages en demi-teinte (Girls Can Really Tear You Up Inside, Somebody Hurt You) et les envolées vocales (The Long Goodbye), et n'est pas sans évoquer le répertoire des Carpenters (Heartache, qu'on jurait piqué au Close To Youde Burt Bacharach), de Dionne Warwick et consorts. L'album sortant le jour de la fête de la musique, on ne pouvait imaginer meilleure entrée en matière pour son heureuse signataire.
Franck Vergeade
article extrait de :
MAGIC RPM #82
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