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To Everybody
archive mag mars 2002
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En ces temps de morosité généralisée et d'actualité musicale rachitique, la sortie du second album des Américains 90 Day Men est un événement en soit. Que ce disque se révèle foutrement bon mais ça, personne n'en doutait vraiment , et voilà notre moral regonflé à bloc. Il fallait quand même oser mélanger sur une même galette le rock incandescent du MC5, le piano mélodique de Randy Newman et les dérapages psychédéliques du Pink Floyd période Syd Barrett. C'est chose faite (et très bien faite) sur To Everybody. Chicago ne doit d'ailleurs toujours pas en revenir de voir les 90 Day Men battrent ainsi le pavé de ses crasseux boulevards, réanimant au passage le cadavre exsangue d'un rock récemment profané par deux jeunes inconscients tout de rouge et de blanc vêtus (la bonne blague !). Les pendules remises à l'heure par son premier opus, le groupe s'est enfermé deux semaines durant dans un studio de Dallas pour accoucher d'un album comme on les concevait dans les années 70, c'est-à-dire enregistré en direct et, pour paraphraser Lou Reed, à l'huile de coude. Accroché à ses instruments, le quatuor, brillamment soutenu par le sémillant John Congleton à la console, n'a eu de cesse de transcender sa formule sonique éprouvée et, en prime, de lui adjoindre de luxuriantes mélodies. En transformant avec brio leur premier essai (l'inusable (It (Is) It) A Critical Band), nos voyous préférés viennent de confirmer leur transfert en première division. Joli coup !
Renaud Paulik
article extrait de :
MAGIC RPM #59
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