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Freelance Bubblehead

archive mag avril 1999
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Kevi, rapper libre de Los Angeles, clown en chef des 1000 Clowns, annonce d'entrée la couleur sur ce premier album : "I'm not the greatest rapper in the world". Modeste, il fait preuve d'une sacrée prédisposition pour le rap freestyle, exercice compliqué qui ne se contente pas de beats, de scratchs et de rimes vengeresses, mais exige un sens subtil du mélange des genres. En fait, on sent bien que chez Kevi, certaines choses passent avant le titre de champion du monde de la scansion. Diction parfaite, il entre dans le vif du sujet : "Would you please be my girl ?". Car le trio de 1000 Clowns, cool et drôle, très libre d'esprit, a beaucoup de soucis existentiels de ce type : les émois sentimentaux, vécus dans la gaieté plutôt que dans la tourmente, le chat égaré (Kitty Kat Max) ou les odeurs corporelles (Everybody Smells So Different). Un joyeux foutoir égocentrique de réflexions cocasses, dans un écrin de rap échappé des conventions, entre guitares slide acoustiques, des frissons de saxo, des souffles entêtants de flûtes ou des gimmicks techno. L'ambiance potache et euphorisante se teinte d'un soupçon d'amertume sur Pretty Liar. Kevi y évoque le décès de son père, dont on lui a longtemps caché qu'il était homosexuel et atteint du Sida. Le message sur répondeur qui conclut ces confessions et l'album révèle la sollicitude fatiguée de son grand-père. Séquence émotion.

Anne-Sophie Stamane

magazine num 29 article extrait de :
MAGIC RPM #29


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