9 novembre 2007
Sonic Youth
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Sonic Youth

Après avoir expérimenté les distorsions de guitares aux côtés de Glenn Branca dans ses symphonies, Lee Ranaldo et Thurston Moore fondent Sonic Youth en 1981, accompagnés par Kim Gordon à la basse et Richard Edson à la batterie. Également influencé par The Velvet Underground, le post-punk anglais et la no-wave new-yorkaise, le quatuor enregistre un Ep éponyme en 1982 qui paraît sur le propre label du susnommé guitariste de Theoretical Girls. Les compositions rèches, tendues et aux rythmiques tribales de ce premier disque permettent à la formation de prendre la relève de Mars, DNA et des autres artistes de l’underground foisonnant dans la grosse pomme en ce début des années 80. Après le départ d’Edson, Sonic Youth s’offre les services de Bob Bert aux baguettes et enregistre deux albums en sa compagnie : les violents Confusion Is Sex (1983) et Bad Moon Rising (1985). Steve Shelley devient le batteur permanent au sein du quatuor new-yorkais dès la parution de Sister (1987). En 1988 sort Daydream Nation, enregistré par Glenn Branca, il demeure l’un des plus grands succès esthétiques et critiques des vingt-six ans de carrière des quatre de New York. À l’occasion de Goo (1990), le groupe rejoint l’écurie Geffen et doit alors affronter la pression de la major et reconsidérer sa musique à la lumière des moyens matériels et financiers plus importants dont il bénéficie. Si nos trublions déçoivent alors quelques-uns de leurs premiers fans, ils accèdent aussi à une plus grande notoriété et restent en accord avec leur vision élitiste et punk de la musique moderne.Les opus suivants, Dirty (1992) et Experimental Jet Set, Trash And No Star (1994) confirment le savoir-faire des Américains dans l’art de composer de savantes mélodies noyées sous les guitares saturées. Sonic Youth devient dans les années 90 le groupe référence de la génération grunge et est cité régulièrement par Nirvana, entre autres, un groupe que Geffen va signer sur les recommendations de Kim Gordon. Cette dernière façonne le projet Free Kitten en 1992 – aux côtés de Julie Cafritz de Pussy Galore, Yoshimi des Boredoms et Mark Ibold de Pavement –, tandis que Steve Shelley se consacre à sa nouvelle activité de mécène dans son propre label Smells Like Records (en produisant notamment les premiers albums de Cat Power, de Blonde Redhead et de Nod) et que Thurston Moore crée son écurie Ecstatic Peace. À partir de 1995, Sonic Youth alterne les disques “pop” (Washing Machine, A Thousand Leaves) et ceux plus expérimentaux de la collection Sonic Youth Records (SYR) avant d’être rejoint en 2000 (et ce jusqu’en 2005) par l’ancien Gastr Del Sol Jim O’ Rourke. Sonic Youth n’a cessé au long de son existence de transmettre, sans la galvauder ni la trahir, une culture marginale et peu connue du grand public en supportant de jeunes musiciens et artistes (Beck, Nirvana, Lightning Bolt, Richard Kern, Raymond Pettibon), en rendant hommage à ses aînés (Essential Logic, Velvet Underground) et en dévoyant respectueusement la musique populaire dominante (Ciccone Youth).

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