19 novembre 2007
Nick Drake
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Nick Drake

Un visage angélique et une voix à la fragilité enivrante. Chansons d’une beauté étrange, serties parfois d’arrangements d’une délicate richesse. Pourtant, le monde n’a pas vraiment daigné prêter attention aux compositions de Nick Drake, musicien accompli féru de folk, admirateur avoué de Bob Dylan et Phil Ochs. Repéré en février 1968 lors d’un concert donné à Londres par Ashley Hutchings, le bassiste Fairport Convention, groupe dont il a assure ce soir-là la première partie, ce garçon âgé de vingt ans se retrouve bientôt entre les mains du producteur à succès Joe Boyd et fort d’un contrat avec le label Island. Tout semble sourire à ce gamin qui “ressemble à une star”. Pourtant, ses deux premiers albums sont des échecs commerciaux cinglants, accentués sans doute par le peu d’enthousiasme que montre l’artiste à l’heure de partir sur les routes. Dès la sortie en novembre 1970 de son second Lp, il sombre dans une dépression. L’année suivante, il entre en clinique, se voit prescrire des médicaments, mais le résultat est peu probant. Pourtant, il finit par retourner en studio. Mais cette fois, il refuse ces arrangements fastueux, entre autres imaginés par son copain de faculté Robert Kirby, et dévoile ses compositions dans leur plus simple appareil. Disque d’une austérité implacable, Pink Moon sort en février 1972 sans connaître meilleur sort que ses prédécesseurs. Alors, Drake retourne vivre chez ses parents. Il ne parle pas. Ou si peu. Et sombre un peu plus chaque jour dans une mélancolie qui le ronge. Il veut tout abandonner. Pense à s’engager dans l’armée, accepte un travail dans l’entreprise de son père. En février 1974, il enregistre cinq nouvelles chansons, avant de faire volte-face. Une fois encore. Il vivote, part en France, pays qui lui est cher, rend visite à Françoise Hardy. Il est peut-être encore temps de rebondir. Mais chassez le naturel… Rongé par les doutes, il hante la demeure familiale. Le 24 novembre au soir, il absorbe une forte dose d’antidépresseurs. Le lendemain matin, il ne se réveille pas. Suicide ou accident ? Comment savoir… Nicholas Rodney Drake a tiré sa révérence à l’âge de vingt-six ans. La légende lui tend les bras.

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