9 novembre 2007
Miossec
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Miossec

1995 marque l’acte de naissance discographique de Miossec (Christophe pour l’état civil). Cette année-là, le Brestois publie un premier album, Boire, véritable coup de tonnerre dans le paysage de la chanson française, et bouleverse la donne lexicale d’ici, en alliant uppercuts proverbiaux et mélodies acoustiques imparables. Porté par le single Non Non Non Non (Je Ne Suis Plus Saoul), ce Lp inaugural se trouve rapidement certifié disque d’or. Deux ans plus tard, Miossec remet le couvert, toujours avec la complicité du mélodiste hors pair Guillaume Jouan. Le tandem breton développe sa formule et signe de nouveaux tubes, à commencer par La Fidélité, emblématique de la thématique de Baiser (1997). Album le plus vendu de sa discographie, Baiser ne possède certes pas la fulgurance de son prédécesseur, mais installe définitivement son auteur-compositeur-interprète dans le paysage hexagonal. Comment expliquer alors que ce parolier, bientôt courtisé par le show-business (de Jane Birkin à Johnny Hallyday), va se reposer sur ses lauriers ? C’est tout le paradoxe de À Prendre (1998), qui scelle la collaboration artistique avec Jouan, et où Miossec semble – pour la première fois de sa carrière – se répéter. Son phrasé hoquetant et son verbe cru, qui ont bâti sa réputation, paraissent en pilotage automatique. Il faudra attendre trois ans avant la parution de Brûle (2001), qui le voit faire équipe avec Matthieu Ballet et une nouvelle troupe de musiciens. Entre-temps, un disque a été enregistré avec l’ex-Sloy Armand Gonzalez et jeté à la poubelle. Très bigarré, ce quatrième volet oscille entre single incandescent (Brûle, inspiré par un article du journaliste de Libération Philippe Lançon) et tentative balkanique (Le Défroqué), mais une (grande) chanson rafle la mise : Madame, véritable déclaration d’amour à Juliette Gréco. Le genre de texte tombé du ciel par un jour béni et servi par une musique, belle à pleurer, de Pierre Bondu. Pour ses quarante printemps, Christophe Miossec publie son album de la maturité, 1964 (2004), qui le voit épaulé par un nouvel alter ego en la personne du claviériste Jean-Louis Piérot (ex-Les Valentins). Où le chanteur, plus touchant que jamais, paie son tribut à sa ville natale (Brest), solde les comptes amoureux (Je M’En Vais) et multiplie les interrogations existentielles. Neuf ans après l’inaugural Boire (1995), cet opus fait figure de quintessence exemplaire à un artiste toujours en prise avec ses démons, qui referme un chapitre discographique. L’Étreinte (2006), resserre l’étau (La Facture D’Électricité, suite un peu téléphonée de La Fidélité) au lieu de le desserrer (La Mélancolie, point d’orgue écrit par cet homme blessé). 

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