9 novembre 2007
Josef K
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Josef K

À la fin des années 70, en Écosse, le rêve américain est au plus fort de son pouvoir d’attraction. Mais il s’agit d’un rêve exclusivement musical. Là-bas, tous les adolescents préfèrent le punk d’outre-Atlantique à son homologue anglais. Et ils vénèrent le Velvet Underground. Depuis Édimbourg, TV Art n’échappe pas à la règle. Paul Haig et Malcolm Ross, les deux guitaristes, se rêvent en Sterling Morrison ou en David Byrne. Le bassiste David Weddel et le batteur Ronnie Torrance s’en accommodent. Juste avant de sortir un premier 45 tours (Chance Meeting) sur Absolute en novembre 1979, ils se métamorphosent en Josef K, d’après le nom de l’anti-héro du roman de Franz Kafka, Le Procès. Quelques mois après, ils finissent, bien sûr, par rejoindre l’écurie du légendaire label de Glasgow Postcard Records et fricotent plus que de raison avec le gang de la ville – Orange Juice en tête. En costumes étriqués et chemises cintrées, ils inventent le disco-punk, imaginent un funk blanc minimaliste, aussi dépressif que jouissif. Haig pose sa voix de crooner futuriste sur des chansons qui mènent la danse (le virevoltant Heart Of Song) ou se baladent avec une fausse désinvolture (It’s Kinda Funny, inspiré par la fin tragique de Ian Curtis). Le quatuor réalise quatre singles sur la structure écossaise, jette à la poubelle un premier album, Sorry For Laughing, pour cause de production trop policée, avant de sortir The Only Fun In Town en juillet 1981. Entre temps, Josef K s’est aussi lié d’amitiés avec Les Disques Du Crépuscule, a imposé le respect grâce à son identité monochrome et fait de la scène son terrain de jeu favori. Après un dernier concert à Glasgow en août 1981, le groupe implose, laissant Haig s’envoler vers une destinée en solitaire et Ross rejoindre Orange Juice. Depuis, jamais il n’a été rendu vraiment justice à cette formation inclassable, qui, à l’aune du succès de Franz Ferdinand, mériterait de devenir un K d’école.

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