9 novembre 2007
Gang Of Four
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Gang Of Four

Né de la rencontre de trois étudiants en art (Jon King, Andy Gill, Hugo Burnham) et d’un chauffeur routier (Dave Allen), Gang Of Four a su plus que quiconque mêler l’énergie punk rock à la chaleur funk. Dansant, certes, mais surtout ultra politisé, Gang Of Four tire ironiquement son nom de la Bande des Quatre, faction radicale fondée autour de la veuve de Mao. Pour d’autres, il s’agirait des quatre pères du structuralisme (Foucault, Barthes, Levi-Strauss et Lacan). Quoi qu’il en soit, plus encore que The Clash, dont les mots d’ordre politico-romantiques étaient bien à gauche mais maladroits, Gang Of Four reste au plus près de ce prolétariat dont il est issu : pas de poses ou de costumes de scène, juste des textes qui abordent la condition féminine, l’anti-militarisme ou le délabrement de la classe ouvrière britannique. Dès 1978, le single Damaged Goods paraît chez l’excellente structure indépendante Fast Product. C’est un réel succès en Grande-Bretagne, dû en partie à l’enthousiasme de John Peel. L’année suivante, la signature sur EMI provoque quelques remous chez les fans de la première heure. Mais le single At Home He’s A Tourist dissipe les soupçons. Le quatuor parcourt le Royaume-Uni aux côtés des Buzzcocks et publie l’incontournable Lp Entertainment!. En 1981, Solid Gold présente un groupe résolument tourné vers le groove et le funk, toutes basses en avant, au détriment de la guitare abrasive d’Andy Gill. Le bassiste Dave Allen quitte pourtant le groupe pour fonder Shriekback à la fin de l’année. L’album Songs Of The Free (1982) s’oriente vers la dance, sans perdre de vue son caractère politique (le single Love A Man In A Uniform se voit ainsi banni des ondes, guerre des Malouines oblige). La Bande des Quatre met fin à sa (première) carrière en 1984, après le décrié (mais néanmoins imparable) Hard, au ton plus léger et la production plus léchée. En 1991, un Gang Of Four formé autour du duo Gill-King publie le déceptif Mall, suivi quatre ans plus tard de Shrinkwrapped. 2004 : le Gang annonce son retour dans sa formation originelle et, s’il ne publie rien de neuf (à part une relecture de titres de leurs trois premiers albums et quelques remixes, sur le curieux et dispensable Return The Gift), ses prestations scéniques ne sont pas honteuses pour un sou, comparées aux multiples come-back ratés de la même époque. Si le message politique n’a pas forcément entraîné de vocations, le post punk funk de Gang Of Four est une influence majeure pour des groupes aussi divers que les Red Hot Chili Peppers (qui fera appel à Gill comme producteur) ou Elastica, en passant par la nouvelle garde (Franz Ferdinand, LCD Soundsystem, The Rapture, Radio 4…).

Partager sur Facebook Partager sur Twitter